La reconstruction du sein redonne un volume, une forme et, si on le souhaite, une aréole et un mamelon après une mastectomie pour cancer ou pour risque génétique. Elle n’est jamais obligatoire, et jamais urgente : c’est un choix personnel, qui peut se faire en même temps que la mastectomie ou des mois, voire des années plus tard. Elle fait partie intégrante du traitement du cancer du sein et doit être proposée avant toute mastectomie. Le Dr Binder, chef du service de chirurgie plastique et reconstructrice de l’Institut Curie, pratique l’ensemble des techniques de reconstruction, à l’Institut Curie et à la Clinique Les Martinets, à Rueil-Malmaison, où il reçoit les patientes des Hauts-de-Seine et de l’ouest parisien. Les interventions sont prises en charge à 100 % dans le cadre de l’affection de longue durée. Cette page présente le parcours, le choix entre les techniques et les étapes jusqu’au résultat ; chaque technique a sa propre page.

En bref

  • Quand immédiate avec la mastectomie, ou différée après les traitements
  • Techniques implant, lambeau de grand dorsal, lambeau DIEP, lipofilling, ou leur association
  • Temps opératoires en général deux à trois, espacés d’au moins trois mois ; trois à six séances pour un lipofilling exclusif
  • Symétrisation de l’autre sein souvent proposée
  • Aréole et mamelon reconstruits en dernier, ou tatoués
  • Lieux Institut Curie à Paris, Clinique Les Martinets à Rueil-Malmaison
  • Prise en charge 100 %, affection de longue durée

Reconstruction immédiate ou différée ?

Le Dr Binder en consultation avec une patiente
La consultation de reconstruction mammaire au cabinet du Dr Binder

La reconstruction ne doit jamais compromettre le traitement du cancer. Elle est immédiate, réalisée dans le même temps que la mastectomie, lorsqu’aucune radiothérapie n’est prévue après l’opération : carcinome in situ étendu, certaines récidives après traitement conservateur, mastectomie de réduction du risque en cas de mutation génétique comme BRCA1 ou BRCA2. Elle évite la période « sans sein », mais se décide au moment difficile de l’annonce et demande elle aussi deux ou trois interventions. Elle est différée lorsqu’une radiothérapie ou une chimiothérapie est nécessaire : ces traitements altèrent la souplesse des tissus et il faut attendre trois à six mois après la chimiothérapie, six mois à un an après la fin de la radiothérapie. La décision se prend en réunion pluridisciplinaire, avec l’équipe d’oncologie.

Les critères sont le type de cancer et son stade, la probabilité d’une radiothérapie après la mastectomie (tumeur volumineuse, ganglions atteints, marges, âge jeune), la qualité de la peau conservée, l’état général, le tabagisme et le souhait de la patiente. Si la radiothérapie est possible mais incertaine, une reconstruction immédiate par implant d’expansion peut se discuter, sachant que l’irradiation d’un implant augmente le risque de coque ; les lambeaux ne sont alors pas utilisés.

En France, seules 16 % des femmes ayant une mastectomie bénéficiaient d’une reconstruction immédiate en 2020, alors que l’objectif de santé publique est d’au moins 40 % ; sa seule contre-indication absolue est le cancer du sein inflammatoire. La reconstruction doit être proposée avant toute mastectomie, et la décision tient compte de la radiothérapie prévue.

À qui s’adresse la reconstruction du sein ?

À toute femme ayant eu, ou devant avoir, une mastectomie totale pour un cancer, quel que soit le délai écoulé, ou une mastectomie de réduction de risque en cas de prédisposition génétique ; et aux femmes dont une reconstruction antérieure a échoué ou vieilli : implant à changer, coque, résultat insuffisant, souhait de remplacer un implant par ses propres tissus. Après un traitement conservateur, il s’agit d’une correction de séquelles, décrite sur la page Chirurgie conservatrice et oncoplastie.

Les conditions sont un état général satisfaisant, l’arrêt complet du tabac au moins six semaines avant et quatre semaines après l’intervention, un bilan mammaire normal de moins de six mois et, pour un DIEP, un scanner des vaisseaux de l’abdomen. L’âge n’est pas une limite en soi ; un surpoids important ou un diabète mal équilibré font discuter la technique et le moment.

Le parcours à l’Institut Curie et à la Clinique Les Martinets

Entrée de la Clinique Les Martinets à Rueil-Malmaison
La Clinique Les Martinets, à Rueil-Malmaison, où consulte le Dr Binder

À l’Institut Curie, centre de lutte contre le cancer dont les hôpitaux se trouvent à Paris et à Saint-Cloud, le Dr Binder dirige le service de chirurgie plastique et reconstructrice ; les patientes y sont adressées par le chirurgien sénologue, l’oncologue ou le radiothérapeute. À la Clinique Les Martinets, à Rueil-Malmaison, il reçoit le lundi et le samedi les patientes de Nanterre, Suresnes, Saint-Cloud, Garches, Le Vésinet, Saint-Germain-en-Laye et de l’ouest parisien, qu’elles aient été opérées à l’Institut ou ailleurs, et y réalise reconstructions différées, symétrisations et retouches.

Qui fait quoi ? Le chirurgien sénologue pose l’indication de mastectomie et réalise le geste sur les ganglions ; le chirurgien plasticien évalue les séquelles prévisibles, propose la reconstruction et la réalise ; l’oncologue décide de la chimiothérapie ou de l’hormonothérapie, le radiothérapeute de la radiothérapie ; le radiologue assure bilan et surveillance ; l’anesthésiste prépare l’intervention. Depuis 2003, chaque dossier est présenté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), qui valide le programme personnalisé de soins, dont la place et le moment de la reconstruction. En reconstruction immédiate, mastectomie et reconstruction se font sous la même anesthésie. Infirmières d’annonce, psychologues et assistantes sociales complètent l’équipe. Le livret de l’Institut, en bas de page, décrit chaque technique et donne les numéros à appeler après une intervention.

La consultation et le devis

La première consultation est longue. Le Dr Binder reprend l’histoire de la maladie et des traitements, examine le thorax, la cicatrice, la souplesse de la peau, l’autre sein, le dos et le ventre, évalue l’état général, le poids, le tabagisme et les antécédents, puis expose les techniques envisageables, leurs cicatrices, leur nombre de temps opératoires et leurs risques. Le document de la Haute Autorité de santé cité en bas de page aide à préparer cette discussion, qui vise une décision partagée ; une seconde consultation est souvent utile, et rien ne presse.

Un devis est remis avant toute intervention, même prise en charge, pour que les éventuels dépassements d’honoraires soient connus. Avant l’opération : consultation d’anesthésie au plus tard 72 heures avant, bilan sanguin, arrêt complet du tabac au moins six semaines avant et quatre semaines après l’intervention, cigarette électronique comprise, pas d’aspirine ni d’anti-inflammatoire dans les dix jours précédents, et les consignes préopératoires générales.

Se préparer à la reconstruction

Après la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie, la peau et les tissus du thorax deviennent souvent plus fermes, fibreux et adhérents, ce qui peut compliquer la reconstruction. La période qui la précède sert à les assouplir et à se préparer :

  • Kinésithérapie : un kinésithérapeute formé à la rééducation après cancer du sein travaille la souplesse des tissus, la mobilité de l’épaule et le confort ; le nombre de séances est adapté à chaque situation.
  • Automassages : des gestes simples, appris auprès du kinésithérapeute, à faire chaque jour à domicile.
  • Cure thermale : un séjour dans un centre spécialisé dans l’après-cancer du sein peut être envisagé avant, pendant ou après la reconstruction.
  • Accompagnement psychologique : ponctuel ou prolongé, auprès d’un psychologue, de l’équipe soignante ou de groupes de patientes, il aide à clarifier ses attentes.
  • Information : réunions d’information destinées aux patientes ; sur internet, les informations peuvent être inexactes ou ne pas correspondre à votre cas, et il est déconseillé de regarder des vidéos d’interventions.

En attendant la reconstruction, une prothèse mammaire externe portée dans le soutien-gorge compense l’asymétrie. La consultation avec le chirurgien peut avoir lieu dès la fin des traitements complémentaires : même si la peau n’a pas encore son aspect définitif, les techniques possibles peuvent déjà être évaluées.

Les techniques

Le choix dépend de la qualité de la peau et des muscles du thorax, d’une radiothérapie antérieure, de la morphologie, des réserves de graisse, de l’état de santé et du souhait de la patiente. Les techniques les plus simples sont proposées en premier lorsqu’elles sont possibles.

  • Reconstruction par implant : la plus simple, en une heure à une heure et demie, lorsque la peau est souple et n’a pas été irradiée ; parfois précédée d’un expandeur gonflé progressivement en consultation, puis remplacé par l’implant définitif au moins trois mois plus tard. Hospitalisation d’un à deux jours, parfois en ambulatoire.
  • Lambeau de grand dorsal : muscle et peau du dos transposés sur le thorax, le plus souvent avec un implant ou de la graisse, quand la peau a été irradiée. Cicatrice dans le dos, intervention de deux à trois heures, hospitalisation d’un à trois jours.
  • Lambeau DIEP : peau et graisse du bas-ventre transférées par microchirurgie, sans implant ni sacrifice musculaire ; la plus longue, quatre à six heures en moyenne, cinq à dix heures pour les deux seins, pour un résultat durable et naturel. Cicatrice de plastie abdominale, hospitalisation de cinq à dix jours.
  • Lipofilling : injections de graisse en plusieurs séances, seul pour un sein de petit volume, ou en complément de toutes les autres techniques. En reconstruction exclusive, trois à six séances en moyenne (quatre à sept après radiothérapie), en ambulatoire, espacées de trois à quatre mois ; l’ensemble s’étale sur un à deux ans.

D’autres lambeaux libres se discutent au cas par cas lorsque l’abdomen n’est pas utilisable : le lambeau de la face interne de la cuisse (TMG ou gracilis), adapté aux femmes minces pour un sein de petit ou moyen volume, avec une cicatrice dans le pli de l’aine ou sous la fesse, et les lambeaux de fesse (SGAP ou IGAP), lorsque les autres sites donneurs ne sont pas disponibles. Le lambeau de grand droit (TRAM), qui sacrifie un muscle, a été largement remplacé par le DIEP.

Avantages et limites de chaque technique

Aucune technique n’est meilleure dans l’absolu : chacune a ses atouts et ses contraintes, à mettre en regard de votre situation.

  • Implant : intervention simple et relativement rapide, sans cicatrice supplémentaire ni zone de prélèvement, suites généralement simples et récupération plus rapide qu’après un lambeau. En contrepartie : un corps étranger, un résultat parfois moins naturel, un risque de coque et d’infection pouvant imposer le retrait de l’implant, une sensibilité aux effets de la radiothérapie, une évolution différente de celle de l’autre sein avec les années et un changement d’implant possible à long terme.
  • Lipofilling : reconstruction par ses propres tissus, sans corps étranger, naturelle au toucher et à la vue, qui améliore la qualité de la peau, notamment après radiothérapie, avec des cicatrices minimes. En contrepartie : plusieurs séances, trois à six environ, une résorption partielle de la graisse injectée, et une indication limitée aux seins de petit volume, de bonnet inférieur à C.
  • Grand dorsal : apport de tissus bien vascularisés, technique fiable et reproductible, possible après radiothérapie, résultat plus naturel qu’un implant seul. En contrepartie : une cicatrice dans le dos, une intervention plus longue qu’un implant, un sérome dorsal fréquent, de possibles séquelles sur l’épaule ou la force, un résultat parfois moins naturel qu’un DIEP.
  • DIEP : reconstruction par ses propres tissus, sans implant, d’aspect et de consistance naturels, qui évolue avec le temps et les variations de poids, tolère bien la radiothérapie et s’accompagne d’un bénéfice esthétique sur le ventre. En contrepartie : une intervention longue et techniquement complexe, en microchirurgie, un risque de complications des vaisseaux du lambeau, rares mais spécifiques, un risque de phlébite et d’embolie, une hospitalisation plus longue.

Le choix de la technique

La morphologie : une femme mince, au sein opposé de petit volume et à la peau souple, est une bonne candidate à l’implant ou au lipofilling ; un excès de peau et de graisse sous le nombril avec un sein opposé moyen ou volumineux oriente vers le DIEP ; l’absence de réserve abdominale, vers le grand dorsal. Le volume et la ptôse de l’autre sein comptent aussi, car il faut pouvoir l’égaler, au besoin avec une symétrisation.

Les traitements : une peau irradiée, fine et moins bien vascularisée, tolère mal un implant seul et fait préférer l’apport de tissus non irradiés, grand dorsal ou DIEP, complétés par du lipofilling. Une chimiothérapie récente impose d’attendre la récupération ; une hormonothérapie augmente le risque de phlébite, dont tient compte l’anesthésiste. Un cancer inflammatoire ou un sarcome repousse le lipofilling à deux ans de la mastectomie. Tabac, diabète et obésité augmentent le risque de nécrose.

Les souhaits : accepter ou non un corps étranger, une cicatrice dans le dos ou sur le ventre, une intervention longue suivie de six à huit semaines de convalescence, ou plutôt des gestes courts répétés. Une reconstruction par implant peut être convertie plus tard en reconstruction par ses propres tissus.

Le cas particulier des reconstructions après radiothérapie

La radiothérapie de la paroi thoracique, recommandée après mastectomie en présence de facteurs de risque, est le facteur qui pèse le plus sur la reconstruction. Toutes les études confirment l’augmentation des complications lorsqu’elle est délivrée sur une reconstruction immédiate, quelle que soit la technique : infection, coque, déplacement de l’implant, nécrose de la peau, retard de cicatrisation ; le risque semble plus élevé encore sur un expandeur que sur un implant définitif. Lorsqu’une radiothérapie est prévue, le Dr Binder propose donc le plus souvent de différer la reconstruction.

Après radiothérapie, il faut attendre six mois à un an. La technique s’adapte à la peau irradiée : grand dorsal avec implant ou graisse, DIEP, ou lipofilling répété, qui assouplit les tissus et soulage parfois les douleurs ; un implant seul reste possible dans certains cas, avec un risque accru de coque et de reprise. Les schémas de radiothérapie plus courts, dits hypofractionnés, n’ont pas changé ces principes ; la radiothérapie délivrée avant la mastectomie pour épargner la reconstruction est en cours d’évaluation.

Les temps opératoires

Une reconstruction complète demande en général deux à trois interventions espacées d’au moins trois mois : création du volume, puis symétrisation de l’autre sein par réduction, cure de ptôse ou augmentation, et enfin reconstruction de l’aréole et du mamelon par un petit lambeau local et un tatouage, ou par tatouage seul. Un lipofilling de finition affine les contours. En reconstruction immédiate, le premier temps comprend la mastectomie, le geste sur les ganglions et le volume ; en reconstruction différée, il a lieu trois à six mois après la chirurgie ou la fin de la chimiothérapie, six à douze mois après la fin de la radiothérapie. Le deuxième temps réunit symétrisation et retouches (lipofilling, correction d’un pli, remplacement de l’expandeur) ; le troisième, souvent sous anesthésie locale, reconstruit l’aréole. Les étapes peuvent être regroupées, et un DIEP se termine parfois en deux temps.

La symétrisation de l’autre sein

Le sein reconstruit ne peut pas reproduire exactement l’autre sein, et l’autre sein n’est pas toujours celui que l’on voudrait reproduire : trop lourd, tombant, ou trop petit pour qu’un implant l’égale. La symétrisation emprunte aux techniques de chirurgie mammaire : réduction mammaire ou mastopexie pour alléger ou remonter, augmentation par implant ou lipofilling pour un sein trop petit. Elle laisse des cicatrices sur le sein sain, ce qui doit être accepté. Réalisée sous anesthésie générale, le plus souvent au deuxième temps et au moins trois mois après l’intervention précédente, une fois la forme du sein reconstruit stabilisée, elle est prise en charge comme la reconstruction. La pièce opératoire d’une réduction est toujours analysée. En cas de mutation génétique, c’est plutôt une mastectomie de réduction de risque du côté opposé qui se discute, à distance des traitements. Voir la page Symétrisation du sein.

La reconstruction de l’aréole et du mamelon

Dernière étape, elle a lieu quatre à douze mois après la première intervention, lorsque volume et forme sont stabilisés, afin que l’aréole soit placée au bon endroit. Elle n’est jamais obligatoire ; en attendant, une aréole autocollante en silicone peut être portée. Elle se fait le plus souvent sous anesthésie locale, en ambulatoire, en une demi-heure environ, sans arrêt de travail ; sous anesthésie générale si elle est associée à la symétrisation.

  • Le mamelon est reconstruit par un petit lambeau de peau locale enroulé sur lui-même ; plus rarement par greffe de la moitié du mamelon opposé.
  • L’aréole est obtenue par tatouage médical d’un pigment stérile, en une ou deux séances, ou par greffe de peau prélevée au pli de l’aine, naturellement pigmentée. Un tatouage en trompe-l’œil peut aussi figurer le relief du mamelon sans chirurgie.

Les suites sont simples : pansements gras en cas de greffe, fils retirés vers le vingt et unième jour. L’aréole reconstruite n’a ni sensibilité ni contraction, sa couleur diffère souvent un peu de l’autre côté, et un tatouage s’atténue avec les années, ce qu’une retouche corrige. Cette étape est prise en charge par l’Assurance maladie.

L’anesthésie et l’hospitalisation

La création du volume se fait sous anesthésie générale ; la consultation d’anesthésie a lieu au plus tard 72 heures avant, et les modalités sont détaillées sur la page Anesthésie. L’hospitalisation est d’un à deux jours pour un implant, souvent en ambulatoire ou avec une nuit en reconstruction secondaire, d’un à trois jours pour un grand dorsal, de cinq à dix jours pour un DIEP ; le lipofilling se fait en ambulatoire ou avec une nuit. En ambulatoire, une personne doit vous raccompagner et rester auprès de vous la première nuit. La sortie dépend de l’ablation des drains, parfois poursuivie à domicile avec une infirmière. Pour les lambeaux, la prévention de la phlébite associe lever précoce, bas de contention et traitement anticoagulant, pendant dix à quinze jours après un grand dorsal et deux à trois semaines après un DIEP.

Les suites et la convalescence

Elles dépendent de la technique et sont détaillées sur chaque page. Les repères communs :

  • Douleurs modérées à marquées pendant quelques jours, calmées par les antalgiques, plus sensibles après un lambeau ;
  • Drains pendant quelques jours, parfois jusqu’à quinze jours après un implant posé lors de la mastectomie, souvent retirés à domicile par une infirmière ; soutien-gorge sans armatures, de type brassière de sport, jour et nuit pendant six semaines ; gaine abdominale jour et nuit pendant deux mois après DIEP ;
  • Arrêt de travail de trois à quatre semaines après implant, de six semaines après grand dorsal, de six à huit semaines après DIEP, d’une à deux semaines après lipofilling ;
  • Sport : reprise progressive après huit semaines et activités plus intensives vers trois mois après implant ou grand dorsal, reprise à trois mois après DIEP, après deux à trois semaines pour un lipofilling ; musculation des pectoraux déconseillée avec un implant ;
  • Œdème résorbé en trois à quatre mois après lipofilling ; sein d’abord figé, qui s’assouplit ensuite.

Le résultat d’une étape s’apprécie à deux ou trois mois ; la suivante a lieu au moins trois mois après l’intervention précédente, quatre à six mois après un DIEP.

Quand consulter rapidement ?

Après chaque étape de la reconstruction, contactez sans attendre l’équipe chirurgicale en cas de :

  • fièvre supérieure à 38,5 °C ;
  • douleur importante, inhabituelle ou qui augmente ;
  • rougeur, chaleur ou écoulement au niveau du sein ou d’une cicatrice ;
  • gonflement rapide ou hématome du sein reconstruit ou d’une zone de prélèvement ;
  • saignement persistant ;
  • ouverture d’une cicatrice ;
  • après un lambeau, coloration bleue ou violette, refroidissement ou pâleur du sein reconstruit.

À distance, un gonflement rapide d’un sein reconstruit par implant, même des années après l’intervention, doit aussi conduire à consulter.

Les risques

Ils dépendent de la technique et sont détaillés sur chaque page : hématome, infection, retard de cicatrisation après radiothérapie, coque ou rupture pour les implants, nécrose partielle d’un lambeau, séquelles du site de prélèvement, asymétrie. Le tabac augmente fortement le risque de complications de tous les lambeaux et impose un arrêt complet avant l’intervention.

  • Implant : infection (environ 5 % en reconstruction secondaire, 7 % en reconstruction immédiate) ou nécrose de la peau pouvant imposer le retrait de l’implant et une pause de six mois ; coque, plis, déplacement ; usure, car un implant n’est pas posé à vie : sa durée de vie moyenne est d’environ dix à quinze ans, sans changement systématique à date fixe ; très rare lymphome associé aux implants (121 cas diagnostiqués en France au 31 décembre 2024 selon l’ANSM), révélé par un gonflement rapide du sein dû à un épanchement tardif, à explorer ; autres cancers de la capsule, plus rares encore, signalés par la FDA depuis 2022-2023.
  • Grand dorsal : lymphe accumulée dans le dos nécessitant des ponctions, hématome, douleurs dorsales qui s’atténuent, nécrose partielle du lambeau, nécrose totale exceptionnelle (moins de 1 %) ; légère diminution de force du bras, gênante dans certains sports.
  • DIEP : thrombose des vaisseaux imposant une reprise en urgence et pouvant conduire à la perte du lambeau (nécrose totale dans environ 3 à 5 % des cas), phlébite et embolie, retard de cicatrisation de l’abdomen.
  • Lipofilling : résorption de 20 à 40 % de la graisse injectée, nécrose graisseuse, kystes huileux, zones fermes qui diminuent avec le temps, irrégularités des zones de prélèvement.

S’y ajoutent les risques de toute anesthésie générale et, exceptionnellement, une transfusion. Dans la très grande majorité des cas, les suites sont simples.

Les reprises et les retouches

La retouche programmée fait partie du plan : lipofilling de finition, correction d’un pli, changement d’expandeur. La reprise est imposée par une complication ou un résultat insuffisant. Les retouches sont fréquentes et normales : le sein reconstruit évolue pendant un an, la symétrie se juge sur la durée, et des ajustements mineurs améliorent nettement le résultat ; elles sont courtes, en ambulatoire, et prises en charge. À long terme, un implant peut devoir être changé pour une rupture, une coque gênante ou un épanchement, et une reconstruction par implant vieillie peut être convertie en lambeau ou en lipofilling. Toute reprise a ses propres risques et nécessite une nouvelle information et un nouveau consentement.

Le résultat et son évolution dans le temps

Le but est de retrouver un volume et une forme qui permettent de s’habiller normalement, avec un décolleté, sans prothèse externe. Il ne faut pas attendre une copie de l’autre sein : la base, la forme en position allongée, la hauteur et la consistance diffèrent toujours un peu, surtout avec un implant, qui ne s’affaisse pas avec les années comme un sein naturel. La peau reste peu sensible. Un lambeau ou un lipofilling vieillit avec le corps et donne la consistance la plus naturelle. Les cicatrices s’estompent en un à deux ans sans disparaître. La perception du résultat par la patiente et par le chirurgien peut différer : d’où l’importance d’exprimer ses attentes en consultation.

Le suivi et la surveillance

La reconstruction ne modifie en rien la surveillance du cancer, organisée par l’équipe d’oncologie : pour un cancer infiltrant, examen clinique tous les six mois pendant cinq ans puis tous les ans, et mammographie annuelle avec échographie de l’autre sein, à vie. Le sein reconstruit se surveille cliniquement, avec une échographie lors du bilan de l’autre sein ; une IRM est demandée en cas de doute. Un sein reconstruit par lambeau ou lipofilling peut présenter des zones de graisse non vascularisée, que le radiologue sait reconnaître ; en cas de doute, une biopsie est faite comme sur un sein natif.

Pour les implants, le suivi est distinct : consultation de contrôle chaque année ; échographie de l’implant à quatre, sept et dix ans après la pose, puis chaque année, et sans attendre en cas de symptôme ; IRM en cas de doute sur une rupture. Il faut signaler l’implant au radiologue, qui adapte la mammographie. En cas de mutation génétique, l’autre sein est suivi par mammographie et IRM annuelles. Le Dr Binder revoit ses patientes après chaque intervention, entre le huitième et le quinzième jour, puis à trois semaines après un lambeau ou à trois mois après un implant, et ensuite une fois par an.

Silhouette de femme derrière un voile (image de banque)
Chaque femme décide, à son rythme, de la reconstruction qui lui convient

Le vécu psychologique et le droit de ne pas se faire reconstruire

La mastectomie touche l’image du corps, la féminité et la vie intime ; la reconstruction est pour beaucoup de femmes une étape de la guérison, qui améliore la qualité de vie. Mais elle ne répare pas tout, demande du temps, plusieurs interventions et une tolérance à l’imperfection. Il est normal d’hésiter, de changer d’idée, de se sentir déçue après une étape puis rassurée après la suivante. Un accompagnement psychologique est proposé à l’Institut Curie et peut être prescrit en ville ; les associations de patientes apportent aussi un soutien.

L’accompagnement ne se limite pas au soutien psychologique. Les soins de support font partie intégrante du traitement : prise en charge de la douleur et de la fatigue, conseils diététiques pour prévenir la dénutrition et favoriser la cicatrisation, kinésithérapie et reprise progressive d’une activité physique adaptée, aide sociale pour les démarches et le retour au travail, consultation consacrée à la sexualité et à l’image du corps lorsque c’est nécessaire.

Ne pas se faire reconstruire est un choix tout aussi légitime, que le Dr Binder respecte. Une prothèse externe en silicone, portée dans un soutien-gorge adapté, est prise en charge sur prescription. Certaines femmes choisissent une poitrine plate, avec parfois une simple correction de la cicatrice. Une reconstruction reste possible plus tard, sans limite de délai, si le souhait évolue. Les droits du patient en matière d’information et de consentement s’appliquent pleinement.

Tarif et prise en charge

La reconstruction mammaire après cancer, la symétrisation du sein opposé et la reconstruction de l’aréole sont prises en charge à 100 % au titre de l’affection de longue durée, à l’Institut Curie comme à la clinique. En clinique, des dépassements d’honoraires peuvent s’appliquer ; ils sont annoncés sur devis et souvent pris en charge en partie par la mutuelle. Voir la page Tarifs.

À l’Institut Curie, l’hospitalisation et les actes sont réglés par l’Assurance maladie sans dépassement d’honoraires. À la Clinique Les Martinets, le Dr Binder exerce en secteur 2 : le devis distingue la part remboursée, le dépassement du chirurgien, celui de l’anesthésiste et les frais de confort de la clinique, comme la chambre particulière ; les mutuelles remboursent selon le contrat, et il est utile de leur adresser le devis avant l’intervention. Prothèses externes et soutiens-gorge adaptés sont pris en charge sur prescription ; la dermopigmentation de l’aréole est remboursée en partie lorsqu’elle est réalisée par un médecin et codée dans la CCAM (voir la page Codes CCAM) ; un tatouage fait par une dermographe non médecin ne l’est pas. L’arrêt de travail relève de l’affection de longue durée.

Voir aussi : Chirurgie conservatrice et oncoplastie, lorsque le sein peut être gardé, et Mastectomie de réduction de risque, en cas de prédisposition génétique.

Questions fréquentes

Y a-t-il un délai pour se faire reconstruire ?

Non. Une reconstruction peut être réalisée des années après la mastectomie, et beaucoup de femmes la demandent une fois la maladie derrière elles. Le seul délai est celui imposé par les traitements : trois à six mois après la chirurgie ou la chimiothérapie, six mois à un an après la fin d’une radiothérapie, deux ans pour un lipofilling en cas de cancer inflammatoire ou de sarcome.

La reconstruction gêne-t-elle la surveillance du cancer ?

Non. La surveillance du sein reconstruit est clinique, complétée par une échographie lors du bilan annuel ; l’autre sein suit le dépistage habituel. Un sein reconstruit par lambeau ou lipofilling peut présenter des zones de graisse non vascularisée, que le radiologue sait reconnaître ; en cas de doute, une IRM ou une biopsie tranche.

Peut-on retrouver la sensibilité ?

La peau du sein reconstruit reste peu sensible, car les nerfs ont été sectionnés lors de la mastectomie. La sensibilité revient partiellement avec le temps, surtout après un lambeau, sans retrouver celle d’un sein naturel. L’aréole reconstruite n’a pas de sensibilité érogène et ne se contracte pas.

Et si l’on ne souhaite pas de reconstruction ?

C’est un choix tout aussi légitime, que le Dr Binder respecte sans chercher à convaincre. Une prothèse externe est prise en charge sur prescription, et une correction de la cicatrice peut être proposée. Une reconstruction reste possible plus tard, sans limite de délai, si le souhait évolue.

Combien d’interventions faut-il prévoir, et sur combien de temps ?

En général deux à trois, espacées d’au moins trois mois : le volume, puis la symétrisation et les retouches, puis l’aréole et le mamelon. L’ensemble s’étale sur un an environ ; un lipofilling exclusif, en trois à six séances, prend un à deux ans. Il est possible de s’arrêter à tout moment si le résultat convient.

Faut-il choisir entre implant et tissus propres dès le départ ?

Non. Le choix initial dépend de la morphologie, des traitements et des souhaits, et il reste réversible : une reconstruction par implant peut être convertie plus tard en reconstruction par lambeau ou par lipofilling, par exemple en cas de coque ou de vieillissement de l’implant. L’inverse est plus rare.

Peut-on se faire reconstruire après une radiothérapie ?

Oui, après un délai de six mois à un an, avec une technique adaptée à la peau irradiée : lambeau de grand dorsal, DIEP ou lipofilling répété, qui améliorent la qualité des tissus. Un implant seul est possible dans certains cas, mais expose davantage à la coque et aux reprises. L’ancienneté de la radiothérapie n’est pas un obstacle.

La reconstruction augmente-t-elle le risque de récidive ou retarde-t-elle les traitements ?

Non, la reconstruction n’augmente pas le risque de récidive, et c’est pourquoi elle est proposée systématiquement. En reconstruction immédiate, l’équipe choisit une technique aux suites simples pour ne pas retarder une chimiothérapie ou une radiothérapie ; lorsque le risque de complication est élevé, la reconstruction est différée.

Faut-il opérer l’autre sein ?

Ce n’est pas obligatoire, mais c’est souvent proposé pour obtenir une symétrie, par réduction, mastopexie, implant ou lipofilling, et la symétrisation est prise en charge. Elle laisse des cicatrices sur le sein sain. Une femme qui préfère ne pas y toucher peut le dire ; la reconstruction s’adapte alors au sein opposé tel qu’il est.

Quel est le coût réel d’une reconstruction à la clinique ?

Les actes sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie au titre de l’affection de longue durée. À la Clinique Les Martinets s’ajoutent les dépassements d’honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste, précisés sur un devis remis avant l’intervention, et le cas échéant la chambre particulière ; la mutuelle en rembourse une partie, selon le contrat.

Je fume : est-ce un obstacle ?

Oui, tant que le tabac n’est pas arrêté. Il multiplie les nécroses de peau et de lambeau, les infections d’implant et les retards de cicatrisation. Un arrêt complet, cigarette électronique comprise, est demandé au moins six semaines avant et quatre semaines après l’intervention ; des substituts nicotiniques peuvent être prescrits, et un test urinaire demandé le jour de l’intervention.

Peut-on se faire reconstruire à Rueil-Malmaison quand on a été opérée ailleurs ?

Oui. Le Dr Binder reçoit à la Clinique Les Martinets les femmes opérées dans un autre établissement, pour une reconstruction différée, une symétrisation, une retouche ou la reprise d’une reconstruction ancienne. Il est utile d’apporter le compte rendu opératoire, le résultat d’anatomopathologie, les dates des traitements et le dernier bilan d’imagerie. Voir la page Contact.

Documents d’information

Prendre rendez-vous

Consultation de reconstruction mammaire à Rueil-Malmaison, Clinique Les Martinets, le lundi et le samedi. Les patientes suivies à l’Institut Curie prennent rendez-vous auprès de l’Institut.

Prendre rendez-vous sur Doctolib

Une question : contact@dr-binder.fr ou formulaire de contact · à défaut, secrétariat : 06 11 28 14 17 · Accès et plan

Références

Publications 2025 et travaux du Dr Binder sur la reconstruction mammaire :

  • Goutard M, Glorion A, Leymarie N. Le rôle du chirurgien plasticien dans la prise en charge du cancer du sein. Ann Chir Plast Esthet 2025;70:522-527. doi:10.1016/j.anplas.2025.06.004
  • Darrigues L, Reyal F, Binder JP, Laas E, Gaillard T, Feron JG, Couturaud B. Indications de la mastectomie totale avec reconstruction mammaire immédiate en cancérologie : stratégies chirurgicales adaptées à la morphologie mammaire et aux traitements adjuvants. Ann Chir Plast Esthet 2025;70:539-550. doi:10.1016/j.anplas.2025.07.001
  • Fitoussi A. La place de la chirurgie ganglionnaire dans le traitement du cancer du sein. Ann Chir Plast Esthet 2025;70:551-555. doi:10.1016/j.anplas.2025.05.006
  • Darmon I, Besnard C, Moukasse Y, Scher N, Labidi M, Bollet MA. Radiothérapie : enjeux thérapeutiques et esthétiques. Ann Chir Plast Esthet 2025;70:562-571. doi:10.1016/j.anplas.2025.05.011
  • Binder JP, May P, Masson J, Revol M, Servant JM. Reconstruction mammaire par lambeau libre DIEP : à propos de 30 cas. Ann Chir Plast Esthet 2008;53:318-324. doi:10.1016/j.anplas.2007.07.008
  • Binder JP, Cuminet J, Revol M, Servant JM. Le lambeau de grand dorsal à palette oblique en bas et en avant en chirurgie reconstructrice mammaire. Ann Chir Plast Esthet 2003;48:167-172. doi:10.1016/S0294-1260(03)00041-4
  • Darrigues L, Gaillard T, Sabah J, Saule C, Frank S, de Pauw A, Couturaud B, Binder JP, et al. Prophylaxie chirurgicale mammaire chez les patientes à très haut risque de cancer du sein. Bull Cancer 2025. doi:10.1016/j.bulcan.2025.01.002
  • Stoppa-Lyonnet D, Colas C. Prédispositions génétiques aux cancers du sein. Ann Chir Plast Esthet 2025;70:609-614. doi:10.1016/j.anplas.2025.05.001
  • Sarfati B, Rimareix F, Honart JF, et al. Algorithmes décisionnels en reconstruction mammaire immédiate. Ann Chir Plast Esthet 2018;63:585-588. doi:10.1016/j.anplas.2018.07.002
  • Bruant-Rodier C, Bodin F, Ruffenach L, Depoortere C, Dissaux C. Les indications cliniques et morphologiques des reconstructions mammaires différées. Ann Chir Plast Esthet 2018;63:569-579. doi:10.1016/j.anplas.2018.07.009
  • Bruant-Rodier C, Bodin F, Huttin C, Duquennoy V, Delay E, Dissaux C. L’album des résultats. Ann Chir Plast Esthet 2018;63:370-380. doi:10.1016/j.anplas.2018.07.010
  • La reconstruction fait partie du traitement du cancer du sein ! Éditorial, dossier « La reconstruction mammaire ». La Lettre du Sénologue 2024;104.
  • Ganon S. Reconstruction de la plaque aréolo-mamelonnaire : méthodes et qualité du résultat. La Lettre du Sénologue 2024;104:40-43.
  • Guillerm S, Chaouat M, Rapp E. Reconstruction mammaire et radiothérapie : regards croisés radiothérapeute-chirurgien. La Lettre du Sénologue 2024;104:44-53.
  • Tourasse C. Difficultés du suivi radiologique après une reconstruction mammaire. La Lettre du Sénologue 2024;104:60-65.
  • Reconstruction et vécu psychologique. Tribune, dossier « La reconstruction mammaire ». La Lettre du Sénologue 2024;104:8-11.

Recommandations et publications françaises :

  • Cohen M, Bouteille C, Houvenaeghel GF. Oncoplastie et reconstruction mammaire immédiate. Bull Cancer 2025;112(7-8):878-892. doi:10.1016/j.bulcan.2025.02.026
  • Mathelin C, Brousse S, Schmitt M, Taris N, Uzan C, Molière S, et al. Actualisation des indications chirurgicales et des indicateurs de qualité et sécurité des soins dans la prise en charge des carcinomes mammaires invasifs. Gynecol Obstet Fertil Senol 2024;52(3):125-131. doi:10.1016/j.gofs.2023.12.003

Publications internationales :

  • Rocco N, Catanuto GF, Accardo G, Velotti N, Chiodini P, Cinquini M, et al. Implants versus autologous tissue flaps for breast reconstruction following mastectomy. Cochrane Database Syst Rev 2024;10(10):CD013821. doi:10.1002/14651858.CD013821.pub2
  • Bargon CA, Young-Afat DA, Ikinci M, Braakenburg A, Rakhorst HA, Mureau MAM, et al. Breast cancer recurrence after immediate and delayed postmastectomy breast reconstruction-A systematic review and meta-analysis. Cancer 2022;128(19):3449-3469. doi:10.1002/cncr.34393
  • Matar DY, Wu M, Haug V, Orgill DP, Panayi AC. Surgical complications in immediate and delayed breast reconstruction: A systematic review and meta-analysis. J Plast Reconstr Aesthet Surg 2022;75(11):4085-4095. doi:10.1016/j.bjps.2022.08.029
  • Cook P, Yin G, Ayeni FE, Eslick GD, Edirimanne S. Does Immediate Breast Reconstruction Lead to a Delay in Adjuvant Chemotherapy for Breast Cancer? A Meta-Analysis and Systematic Review. Clin Breast Cancer 2023;23(5):e285-e295. doi:10.1016/j.clbc.2023.03.014