La reconstruction du sein par implant est la technique la plus simple de reconstruction mammaire : une prothèse en gel de silicone est placée le plus souvent devant le muscle pectoral, plus rarement derrière lui, sous la peau conservée lors de la mastectomie, pour recréer le volume du sein. Elle n’ajoute aucune cicatrice ailleurs sur le corps, mais suppose une peau souple, en quantité suffisante et peu ou pas irradiée. Elle est réalisée dans le même temps que la mastectomie, reconstruction immédiate, ou à distance des traitements, reconstruction différée, parfois après une phase d’expansion de la peau. Le Dr Jean-Philippe Binder, chef du service de chirurgie plastique et reconstructrice de l’Institut Curie, qui pose des implants depuis plus de 25 ans en chirurgie esthétique et en reconstruction, la pratique à l’Institut Curie et à la Clinique Les Martinets. Il reçoit en consultation à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine, le lundi et le samedi, les patientes de l’ouest parisien, de Nanterre, Suresnes, Saint-Cloud ou Saint-Germain-en-Laye. Cette page détaille les indications, le choix de la technique, le déroulement, les suites, les risques et la surveillance, en complément de la fiche remise en consultation.
En bref
- Anesthésie générale
- Durée 1 heure à 1 h 30
- Hospitalisation ambulatoire ou 1 nuit en reconstruction différée, 1 à 2 jours en reconstruction immédiate
- Arrêt d’activité 3 à 4 semaines
- Sport, baignade après 8 semaines ; sports intensifs vers 3 mois
- Contention soutien-gorge sans armatures et bandeau, jour et nuit, 6 semaines
- Temps suivants symétrisation, aréole, lipofilling de finition
- Lieu Institut Curie (Paris) et Clinique Les Martinets (Rueil-Malmaison)
- Prise en charge 100 %, affection de longue durée
À qui s’adresse la reconstruction par implant ?
Aux patientes dont la peau du thorax est souple et de bonne qualité, sans radiothérapie antérieure ou avec une peau peu altérée, et dont le sein opposé est de volume petit ou moyen, peu tombant, ou peut être symétrisé. Un sein opposé large, volumineux et tombant oriente plutôt vers un lambeau. La reconstruction par implant est aussi la technique habituelle des mastectomies avec conservation de la peau et, souvent, de l’aréole, notamment en mastectomie de réduction de risque, où elle est réalisée d’emblée.
Après une radiothérapie, la peau rétractée, fine et fixée aux côtes tolère mal un implant seul : un lambeau de grand dorsal ou un lipofilling préalable apportent alors des tissus souples. Lorsque la peau manque, un expandeur, prothèse gonflable munie d’une valve, est d’abord posé et rempli progressivement de sérum sur plusieurs semaines, puis remplacé par l’implant définitif. L’implant est aussi utilisé en complément d’un lambeau de grand dorsal lorsque le volume à reconstruire est important.
La reconstruction n’est jamais obligatoire : certaines femmes se satisfont d’une prothèse externe, d’autres préfèrent attendre. Le choix reste personnel, et il peut être pris plusieurs mois, voire plusieurs années, après la mastectomie sans perte de chance.
Quelques conditions sont nécessaires : un bon état général, sans maladie cardiaque, respiratoire ou diabète mal équilibrés, l’arrêt complet du tabac, une peau d’épaisseur et d’élasticité suffisantes, une morphologie compatible avec un implant, et l’acceptation d’un parcours en plusieurs interventions sous anesthésie générale, avec un risque de complications. En reconstruction immédiate, lorsqu’une radiothérapie après la mastectomie est probable, l’implant est souvent la seule technique proposée dans un premier temps.
Les alternatives
Les autres techniques de reconstruction apportent des tissus prélevés sur la patiente elle-même. Le lambeau de grand dorsal transfère peau, graisse et muscle du dos ; le lambeau DIEP utilise la peau et la graisse du bas du ventre, rebranchées sous microscope ; le lipofilling exclusif reconstruit le sein par injections de graisse en plusieurs séances. Ces techniques donnent un sein plus souple et plus durable, au prix d’une cicatrice supplémentaire et d’une intervention plus longue. Le lipofilling est aussi, dans certains cas, un moyen de préparer une paroi irradiée et de transformer une indication de lambeau en simple reconstruction par implant.
La reconstruction par implant est souvent choisie par les patientes qui refusent une cicatrice à distance ou qui souhaitent une intervention courte après un long parcours de traitement ; la page Reconstruction du sein donne une vue d’ensemble des options.
Avantages et limites
Les atouts de la reconstruction par implant :
- une reconstruction simple, en une seule zone opératoire, sans prélèvement de tissu ;
- pas de cicatrice supplémentaire ;
- une intervention relativement courte, aux suites généralement simples ;
- une récupération plus rapide qu’après une reconstruction par lambeau.
Ses limites :
- la présence d’un corps étranger, et un résultat parfois moins naturel ;
- un risque de coque, qui durcit le sein ;
- un risque d’infection pouvant imposer le retrait de l’implant ;
- une sensibilité aux effets de la radiothérapie ;
- une évolution différente de celle du sein naturel, d’où une asymétrie possible avec le temps ;
- un changement d’implant possible à long terme.
La consultation et le devis
La consultation, souvent en lien avec l’équipe d’oncologie, précise le moment de la reconstruction, l’état de la peau et du muscle, les séquelles éventuelles de radiothérapie, le volume souhaité et celui du sein opposé. L’examen apprécie l’épaisseur et la souplesse des tissus par rapport au plan profond, c’est-à-dire leur capacité à recevoir un implant. L’imagerie du sein opposé est vérifiée si le dernier examen n’est pas récent. Les fiches d’information de la Société française de chirurgie plastique et le programme des temps opératoires sont remis, avec un devis détaillé lorsque l’intervention a lieu en clinique.
En reconstruction différée, l’intervention est envisagée trois à six mois après la chirurgie ou la fin de la chimiothérapie, six à douze mois après la fin de la radiothérapie. Consultation d’anesthésie au plus tard soixante-douze heures avant, arrêt complet du tabac au moins six semaines avant et quatre semaines après l’intervention, car il favorise l’infection du matériel implanté et la nécrose de la peau ; pas d’aspirine dans les dix jours précédant l’intervention. Lire les consignes préopératoires et la page Droits du patient.
Avant l’intervention, deux consultations avec le Dr Binder et une consultation d’anesthésie sont prévues ; des photographies médicales sont prises pour le suivi. Le soutien-gorge postopératoire est à acheter à l’avance, et des massages de la cicatrice de mastectomie peuvent être prescrits pour assouplir la peau. À partir de la veille, une décolonisation du staphylocoque doré limite le risque d’infection : pommade antibiotique dans le nez, douche antiseptique et bains de bouche.
Le choix de la technique
En un temps ou avec expandeur
Lorsque la peau est suffisante et souple, l’implant définitif est posé d’emblée, en un temps. Lorsque la peau manque ou est trop tendue, un expandeur est d’abord mis en place : il s’agit d’une prothèse temporaire en silicone, munie d’une valve intégrée repérée à l’aide d’un aimant, remplie de sérum physiologique en consultation, à partir de la sixième semaine, tous les quinze jours à trois semaines, sans douleur. Trois à six injections suffisent en général pour obtenir le volume utile ; un délai d’au moins trois mois est ensuite respecté pour que la peau ne se rétracte pas, avant le remplacement par l’implant définitif. L’expansion impose donc deux temps opératoires et une période d’asymétrie et d’inconfort, mais elle permet une reconstruction par implant à des patientes qui n’en relèveraient pas autrement. Tant que l’expandeur est en place, l’IRM est contre-indiquée en raison de la valve métallique.
Position prépectorale ou rétropectorale, matrices
Pendant longtemps, l’implant était placé derrière le muscle pectoral pour être moins visible et mieux protégé. Aujourd’hui, lorsque la peau conservée est assez épaisse, il est de plus en plus souvent placé devant le muscle, en position prépectorale, avec ou sans matrice de soutien, biologique ou synthétique, qui l’enveloppe ou le recouvre en bas. Cette position réduit les douleurs, l’animation de l’implant à la contraction du muscle et le risque de coque, et améliore la mobilité du bras, pour un taux de complications comparable. Son inconvénient est un implant plus visible sous une peau fine : elle suppose de disposer d’assez de graisse pour au moins une séance de lipofilling des contours à distance. La position rétropectorale reste indiquée lorsque les tissus sont fins ou fragiles.
Implant rond ou anatomique
Les implants sont tous constitués d’une enveloppe en silicone, lisse ou microtexturée, remplie d’un gel de silicone cohésif dont la consistance est proche de la glande mammaire ; les implants remplis de sérum ne sont pratiquement plus utilisés. Ils existent en forme ronde, plus ou moins projetée, ou anatomique, en forme de goutte, dans de nombreuses largeurs, hauteurs et projections. Depuis 2019, les enveloppes macrotexturées et en polyuréthane ne sont plus commercialisées en France. En reconstruction, le Dr Binder peut utiliser des implants microtexturés ; en chirurgie esthétique, il pose des implants lisses. Tous les implants disponibles sont soumis au marquage CE et à la surveillance de l’ANSM ; depuis l’arrêté du 8 mars 2024, l’établissement de santé enregistre chaque pose, reprise ou retrait dans un registre national de suivi. Le choix du modèle se fait en consultation d’après les mesures du thorax et du sein opposé ; voir la page Prothèses mammaires et le lexique des implants.
L’intervention

Sous anesthésie générale, l’implant est mis en place par la cicatrice de mastectomie, qui est reprise et parfois améliorée sans pouvoir disparaître, dans une loge créée le plus souvent devant le muscle pectoral, sous la peau (position prépectorale), plus rarement derrière lui, avec ou sans matrice de soutien : cette position réduit les douleurs, l’animation de l’implant à la contraction du muscle et le risque de coque. En reconstruction différée, la peau de la partie haute de l’abdomen est parfois remontée sur le thorax, lambeau d’avancement abdominal, pour loger un implant plus volumineux, et le sillon sous le sein est reconstruit par des points fixés sur les côtes ; des plis dans le sillon et une légère asymétrie de la peau du ventre sont alors visibles au début et s’estompent avec le temps. Dans l’expérience de l’Institut Curie sur plus de 600 reconstructions immédiates, publiée en 2025 avec le Dr Binder, l’implant a dû être retiré dans 5,8 % des cas, et 4 % chez les patientes à faible risque. L’intervention dure une heure à une heure et demie. Un drain aspiratif est laissé plusieurs jours, en général quatre à quinze jours après une reconstruction immédiate, et retiré à domicile par une infirmière ; un pansement modelant et un soutien-gorge de contention sont mis en place. L’aréole et le mamelon sont reconstruits dans un second temps, une fois la forme stabilisée ; le sein opposé est symétrisé si nécessaire.
En reconstruction immédiate, la mastectomie, le geste sur les ganglions de l’aisselle (ganglion sentinelle ou curage) et la pose de l’implant ont lieu sous la même anesthésie. La peau du sein est conservée, parfois avec l’aréole et le mamelon, ce qui laisse environ 2 % de la glande. Le modèle d’implant est choisi au bloc, d’après la morphologie. Les tissus retirés sont analysés en totalité, en particulier sous le mamelon lorsqu’il est conservé : si des cellules tumorales y sont trouvées, il peut être nécessaire de le retirer dans un second temps. Les traitements complémentaires éventuels, chimiothérapie, radiothérapie ou hormonothérapie, sont décidés d’après ces résultats. Une carte mentionnant les références de l’implant est remise à la sortie.
L’anesthésie et l’hospitalisation
L’intervention a lieu sous anesthésie générale, après consultation avec le médecin anesthésiste qui précise les risques et les moyens de lutte contre la douleur ; des bas de contention peuvent être prescrits en prévention de la phlébite. Il faut être à jeun depuis minuit. En reconstruction différée, l’hospitalisation se fait en ambulatoire ou avec une nuit ; après une mastectomie avec reconstruction immédiate, elle dure en général un à deux jours. Le drain est ensuite retiré à domicile par une infirmière, selon l’ordonnance remise à la sortie. En ambulatoire, une personne doit vous raccompagner et rester auprès de vous la première nuit. En cas d’expansion, le premier remplissage est fait au bloc, les suivants en consultation. Lire la page Anesthésie.
Les suites et la convalescence
- Douleurs des premiers jours, plus marquées sous le muscle, calmées par les antalgiques prescrits puis relayés par des antalgiques simples pendant une quinzaine de jours ; gêne à l’élévation du bras, sans rééducation le plus souvent.
- Gonflement et bleus pendant deux à trois semaines ; peau du sein reconstruit peu sensible.
- Pansements légers, fils résorbables ; douche possible dès le retrait du drain.
- Soutien-gorge sans armatures, de type brassière de sport, à acheter avant l’intervention, et bandeau de contention pendant six semaines, nuit et jour.
- Arrêt de travail de trois à quatre semaines, selon l’activité professionnelle ; sport repris progressivement après huit semaines, plus intensif vers trois mois ; pas de musculation excessive des pectoraux, qui peut déplacer l’implant.
- Pendant les premières semaines : pas de port de charges lourdes, pas de bras levé au-dessus de l’épaule ni de mouvements brusques, pas de sommeil sur le côté opéré. Pas de sommeil sur le ventre ni de baignade (piscine, mer) pendant huit semaines.
- Consultations de contrôle entre le huitième et le quinzième jour, à trois mois, puis chaque année ; la carte d’implant remise à la sortie est à conserver et à présenter à chaque consultation.
| Période | Ce qui se passe |
|---|---|
| Jour 0 à 2 | Hospitalisation en ambulatoire ou d’une nuit (un à deux jours en reconstruction immédiate), premier pansement |
| Semaine 1 à 2 | Retrait du drain à domicile, douleurs décroissantes, bras ménagé, antalgiques simples, consultation de contrôle |
| Semaine 3 à 6 | Reprise du travail, contention, cicatrice rosée et un peu gonflée |
| Mois 2 à 3 | Reprise progressive du sport, forme appréciable, consultation de contrôle à trois mois |
| Mois 3 à 6 | Symétrisation, lipofilling de finition, puis aréole et mamelon |
Quand consulter rapidement ?
Contactez l’équipe chirurgicale sans attendre en cas de :
- fièvre supérieure à 38,5 °C ;
- douleur importante, inhabituelle ou qui augmente ;
- rougeur, chaleur ou écoulement au niveau du sein opéré ;
- gonflement rapide ou hématome du sein opéré ;
- saignement persistant ;
- ouverture de la cicatrice.
À tout moment, même des années après l’intervention, un gonflement du sein reconstruit, une rougeur, une masse ou une déformation brutale doivent aussi faire consulter.
Après radiothérapie
La radiothérapie modifie durablement la peau et les tissus du thorax, même lorsqu’elle est ancienne, et l’implant seul y expose à un risque accru de nécrose, d’infection, de coque et de résultat figé. Trois attitudes sont possibles selon l’état des tissus : préparer la paroi par une ou deux séances de lipofilling, quatre à six mois avant la pose de l’implant ; associer un lambeau de grand dorsal qui apporte une peau saine et recouvre l’implant ; ou renoncer à l’implant au profit d’une reconstruction entièrement autologue. Lorsqu’une radiothérapie est prévue après une reconstruction immédiate, l’implant ou l’expandeur est préféré au lambeau, pour ne pas irradier des tissus transférés ; une coque peut ensuite se développer et sera traitée à distance, six à douze mois après la fin de la radiothérapie, ou l’implant sera remplacé par un lambeau.
La symétrisation et les temps suivants
Un sein reconstruit par implant est plus rond, plus ferme et plus haut qu’un sein naturel, et il ne tombe pas avec les années. Pour obtenir une poitrine harmonieuse, le sein opposé est le plus souvent adapté lors d’un deuxième temps, au moins trois mois plus tard : mastopexie pour remonter un sein tombant, réduction d’un sein plus volumineux, ou augmentation par implant d’un sein plus petit. Ce temps est souvent l’occasion d’un lipofilling des contours du sein reconstruit, pour masquer le bord de l’implant et les plis. Le troisième temps reconstruit l’aréole et le mamelon. Deux à quatre interventions sont donc en général nécessaires, chacune courte, espacées d’au moins trois mois, et toutes prises en charge.
Les risques et complications
- hématome, le plus souvent dans les vingt-quatre heures, pouvant nécessiter une évacuation chirurgicale ; infection, plus fréquente qu’en chirurgie esthétique, dans environ 5 % des reconstructions différées et 7 % des reconstructions immédiates, survenant le plus souvent dans les six premières semaines, pouvant imposer le retrait temporaire de l’implant, avec repose dans un second temps ;
- nécrose ou retard de cicatrisation de la peau, surtout après radiothérapie ou chez les fumeuses, pouvant exposer l’implant et imposer de le changer pour un volume plus petit, voire de le retirer ; nécrose du mamelon lorsqu’il a été conservé, pouvant conduire à le retirer ;
- lymphocèle, accumulation de lymphe autour de l’implant après le retrait du drain, qui se résorbe le plus souvent seule en quelques semaines et nécessite parfois une ponction sous échographie ;
- coque, c’est-à-dire épaississement et contraction de la capsule qui se forme toujours autour de l’implant, plus fréquente sur peau irradiée, pouvant rendre le sein dur, douloureux ou déformé et nécessiter une réintervention avec changement d’implant ;
- vagues et plis visibles sous une peau fine, déplacement ou rotation de l’implant, perception de l’implant à la palpation ;
- rupture ou usure de l’implant, dont la durée de vie est limitée, en moyenne dix à quinze ans ; épanchement tardif autour de l’implant, qui impose un bilan avec ponction ;
- lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants, maladie très rare, liée surtout aux anciens implants macrotexturés et se manifestant le plus souvent par un épanchement tardif, qui justifie la surveillance et l’analyse de tout épanchement (121 cas diagnostiqués en France au 31 décembre 2024 selon l’ANSM) ;
- autres cancers très rares de la capsule, carcinomes épidermoïdes et autres lymphomes, de cause encore inconnue, signalés par l’autorité sanitaire américaine (FDA) depuis 2022-2023 ;
- asymétrie avec le sein opposé, sein reconstruit plus ferme, plus froid et moins mobile, souvent insensible ; la sensibilité peut revenir très lentement, avec parfois des décharges ou des picotements que les automassages atténuent ; zones de fibrose là où l’implant ne remplit pas toute la loge, assouplies par la kinésithérapie ou comblées par lipofilling.
En reconstruction immédiate, des complications précoces, toutes causes confondues, surviennent dans environ 10 % des cas, au cours des six à huit semaines qui suivent l’intervention. Le risque est plus élevé en cas de chimiothérapie avant la chirurgie, de sein volumineux (bonnet C ou plus), de tabagisme actif ou arrêté récemment, d’âge supérieur à 60 ans, de surpoids ou d’antécédent de radiothérapie. Lire aussi la page Correction de cicatrices.
Le résultat et son évolution
La reconstruction par implant restaure immédiatement un volume et une forme qui permettent de s’habiller normalement, avec un décolleté. Le volume et la forme s’apprécient à trois mois ; au premier pansement, le sein paraît un peu figé et la peau est peu sensible, ce qui s’améliore progressivement. Le sein reconstruit par implant est plus ferme qu’un sein naturel et ne suit pas les mouvements de la même façon, en position allongée notamment ; le lipofilling des contours améliore nettement l’aspect, et la symétrisation du sein opposé l’harmonie de la poitrine. Avec les années, le sein naturel descend et change avec le poids alors que le sein reconstruit reste stable, ce qui peut créer une asymétrie secondaire. L’implant n’est pas posé à vie et sera surveillé puis changé si nécessaire. Lire : Surveillance des implants mammaires.


Reconstruction du sein par implant, de face et de trois-quarts : avant, puis sept mois après. Photos publiées avec l’accord de la patiente. Le résultat varie d’une personne à l’autre et ne peut être garanti. Toutes les photos avant-après
Surveillance, suivi radiologique et changement d’implant
La reconstruction ne modifie pas la surveillance du cancer, qui reste avant tout clinique, avec l’examen annuel du sein reconstruit et, pour le sein opposé, une mammographie et une échographie annuelles, parfois complétées par une IRM. Après une mastectomie, le sein reconstruit ne nécessite en principe plus de mammographie. Il faut signaler l’implant au radiologue, qui adapte sa technique. Pour l’implant, une consultation de contrôle a lieu chaque année, et une échographie ciblée sur l’implant est réalisée à quatre, sept et dix ans après la pose, puis chaque année, selon le calendrier proposé par la SOFCPRE. Une échographie est aussi demandée sans attendre en cas de gonflement, de douleur ou de durcissement du sein ; une IRM est demandée en cas de doute sur une rupture. Avec un gel cohésif, la rupture est souvent silencieuse et se manifeste tardivement par une déformation ou une coque : c’est pourquoi le contrôle annuel est indispensable. Tout épanchement tardif est ponctionné sous échographie et analysé.
Aucun implant n’est posé à vie : sa durée de vie moyenne est d’environ dix à quinze ans, mais l’usure de l’enveloppe reste imprévisible. Il n’y a pas de changement systématique à date fixe : il est décidé en cas de problème (rupture, coque gênante, épanchement) ou de souhait de modifier la silhouette. En cas de rupture, le changement est programmé sans urgence si elle reste intracapsulaire et sans symptôme. Le remplacement est pris en charge dans le cadre de la reconstruction et peut être l’occasion d’un lipofilling complémentaire. Lire : Retrait et changement d’implants mammaires.
Tarif et prise en charge
La reconstruction est prise en charge à 100 % au titre de l’affection de longue durée, y compris l’implant, l’expandeur, la symétrisation du sein opposé, le lipofilling et la reconstruction de l’aréole. À l’Institut Curie, l’intervention est réalisée sans dépassement d’honoraires. En clinique, les dépassements d’honoraires débutent à 1 500 € et sont annoncés sur devis, souvent couverts en partie par la mutuelle. Voir la page Tarifs.
Implants mammaires : toutes les informations
- Implants mammaires : le guide
- Augmentation mammaire par implants
- Consulter pour un problème d’implant
- Coque autour d’un implant
- Rupture d’implant
- Lymphome et cancers de la capsule
- Retrait et changement d’implants
- Retrait sans remplacement
- Symptômes attribués aux implants
- Surveillance des implants
- Durée de vie des implants
- Mammographie, échographie et IRM
- Lexique des implants mammaires
- L’approche du Dr Binder
- Soutien-gorge après la pose
- Sport après la pose
- Codes CCAM et remboursement
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un expandeur ?
Une prothèse provisoire gonflable, remplie de sérum physiologique en consultation, à partir de la sixième semaine, tous les quinze jours à trois semaines, pour étirer progressivement la peau. Elle n’est jamais laissée définitivement : elle est remplacée par l’implant définitif après quelques mois, le temps que la peau gagnée se stabilise, lors d’une seconde intervention courte.
Peut-on reconstruire par implant après une radiothérapie ?
C’est possible si la peau est restée souple, mais le risque de coque et de complications est plus élevé. On préfère souvent apporter des tissus sains par lambeau ou lipofilling, ou associer les deux ; une ou deux séances de lipofilling de la paroi quelques mois avant la pose permettent parfois d’éviter le lambeau.
Combien d’interventions au total ?
En général deux à trois : pose de l’implant, puis symétrisation et lipofilling, puis aréole et mamelon. Chacune est courte et espacée d’au moins trois mois. Avec un expandeur, une intervention supplémentaire est nécessaire pour le remplacer par l’implant définitif.
Implant devant ou derrière le muscle : quelle différence ?
Devant le muscle, les suites sont moins douloureuses, le bras est plus mobile, l’implant ne bouge pas à la contraction et le risque de coque est moindre ; mais ses contours sont plus visibles sous une peau fine, ce qui demande un lipofilling de finition. Derrière le muscle, l’implant est mieux couvert, au prix de douleurs plus marquées et d’une possible animation.
Le sein reconstruit aura-t-il une sensibilité ?
La peau du sein reconstruit est en général peu ou pas sensible, car les nerfs ont été sectionnés lors de la mastectomie. Une sensibilité partielle peut revenir en plusieurs mois, mais elle reste incomplète. Le sein reconstruit est aussi perçu comme plus ferme et plus froid que le sein naturel.
Faut-il changer l’implant régulièrement ?
Non, il n’y a pas de changement systématique à date fixe, mais l’implant n’est pas posé à vie. Il est changé en cas de rupture, de coque gênante, d’épanchement ou de modification de la poitrine. La consultation de contrôle annuelle, avec une échographie à 4, 7 et 10 ans après la pose puis chaque année, et sans attendre au moindre doute, permet de décider du bon moment.
Qu’est-ce qu’une coque ?
La capsule fibreuse qui entoure tout implant peut s’épaissir et se contracter : le sein devient plus ferme, puis déformé ou douloureux dans les formes marquées. La coque est plus fréquente après radiothérapie et son apparition reste imprévisible. Les formes gênantes sont traitées par retrait de la capsule et changement d’implant, parfois complétés par un lipofilling.
Comment se surveille le sein reconstruit ?
Par un examen clinique annuel et l’imagerie habituelle du sein opposé. Le sein reconstruit par implant ne nécessite pas de mammographie systématique. Une échographie de l’implant est réalisée à 4, 7 et 10 ans après la pose, puis chaque année, et sans attendre en cas de gonflement, de douleur ou de suspicion de rupture ; l’IRM est demandée en cas de doute. Tout épanchement tardif est ponctionné et analysé.
Peut-on reconstruire les deux seins par implants ?
Oui. Après une mastectomie bilatérale, notamment de réduction de risque, deux implants sont posés dans le même temps, souvent en conservant la peau et l’aréole. La symétrie est alors plus facile à obtenir, les deux seins évoluant de la même façon, et un lipofilling de finition complète le résultat.
La reconstruction gêne-t-elle le suivi du cancer ?
Non. La reconstruction ne modifie pas la surveillance cancérologique, qui reste clinique pour le sein reconstruit et radiologique pour le sein opposé. Il faut simplement signaler l’implant et les éventuels lipofillings au radiologue, pour qu’il adapte sa technique et interprète correctement les images.
Documents d’information
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Consultation de reconstruction mammaire à Rueil-Malmaison, Clinique Les Martinets, le lundi et le samedi. Les patientes suivies à l’Institut Curie prennent rendez-vous auprès de l’Institut.
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Une question : contact@dr-binder.fr ou formulaire de contact · à défaut, secrétariat : 06 11 28 14 17 · Accès et plan
Références
Publications 2025, dont celle de l’équipe de l’Institut Curie avec le Dr Binder :
- Darrigues L, Reyal F, Binder JP, Laas E, Gaillard T, Feron JG, Couturaud B. Indications de la mastectomie totale avec reconstruction mammaire immédiate en cancérologie : stratégies chirurgicales adaptées à la morphologie mammaire et aux traitements adjuvants. Ann Chir Plast Esthet 2025;70:539-550. doi:10.1016/j.anplas.2025.07.001
- Bosc R. Prothèses et cancer : le lymphome anaplasique à grandes cellules. Ann Chir Plast Esthet 2025;70:572-580. doi:10.1016/j.anplas.2025.05.019
- Darmon I, Besnard C, Moukasse Y, Scher N, Labidi M, Bollet MA. Radiothérapie : enjeux thérapeutiques et esthétiques. Ann Chir Plast Esthet 2025;70:562-571. doi:10.1016/j.anplas.2025.05.011
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- Sinna R. Les prothèses mammaires : quelles offres sur le marché français. Ann Chir Plast Esthet 2018;63:402-404. doi:10.1016/j.anplas.2018.08.003
- Huttin-Marquelet C, Huttin C. Reconstruction mammaire par prothèse d’expansion temporaire. Ann Chir Plast Esthet 2018;63:545-558. doi:10.1016/j.anplas.2018.06.002
- Sarfati B. La reconstruction mammaire par prothèse. La Lettre du Sénologue 2024;104:12-17.
- de Mortillet S. Complications des prothèses mammaires. La Lettre du Sénologue 2024;104:54-59.
- Guillerm S, Chaouat M, Rapp E. Reconstruction mammaire et radiothérapie : regards croisés radiothérapeute-chirurgien. La Lettre du Sénologue 2024;104:44-53.
Recommandations et publications françaises :
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- Billon R, Hersant B, Bosc R, Meningaud JP. Matrices dermiques acellulaires et matrices synthétiques : évolution des pratiques en reconstruction mammaire immédiate par prothèse. Gynecol Obstet Fertil Senol 2019;47(3):311-316. doi:10.1016/j.gofs.2019.01.010
Publications internationales :
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- Du F, Liu R, Zhang H, Xiao Y, Long X. Post-mastectomy adjuvant radiotherapy for direct-to-implant and two-stage implant-based breast reconstruction: A meta-analysis. J Plast Reconstr Aesthet Surg 2022;75(9):3030-3040. doi:10.1016/j.bjps.2022.06.063
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