À retenir
- Le tabagisme augmente les complications respiratoires, cardiovasculaires, infectieuses et cicatricielles d’une intervention, y compris en cas de tabagisme passif.
- Selon l’article, l’arrêt du tabac avant l’opération peut réduire jusqu’à trois fois le risque de complications chirurgicales.
- L’arrêt est recommandé six à huit semaines avant l’intervention ; un arrêt plus court, de deux à quatre semaines, apporte déjà un bénéfice.
- Après l’opération, l’arrêt se poursuit jusqu’à la cicatrisation : environ trois semaines pour les tissus mous et trois mois pour l’os.
- Substituts nicotiniques, tabacologue, thérapie comportementale ou services d’aide en ligne peuvent accompagner un arrêt, qui peut devenir définitif.
L’arrêt du tabac est impératif avant et après une intervention chirurgicale pour diminuer le risque de complications. Fumer après une opération chirurgicale augmente le risque de complications, et arrêter de fumer réduit ce risque.
Arrêt du tabac de 6 à 8 semaines avant l’intervention et 3 semaines après.
La période péri-opératoire est propice à l’arrêt définitif du tabac.
Pourquoi une prise en charge spécifique du tabagisme péri-opératoire ?
- Des experts en chirurgie et en anesthésie, ainsi que l’Office Français de prévention du Tabagisme (OFT), ont étudié l’impact du tabagisme sur les interventions chirurgicales et les complications qui peuvent en découler. Leurs recherches, publiées sous forme d’articles scientifiques et de recommandations de sociétés savantes, ont montré que fumer après une opération chirurgicale augmente le risque de complications, et que l’arrêt du tabagisme avant l’opération permet de réduire significativement ce risque.
- En particulier, il a été observé que le tabagisme augmente les complications respiratoires, cardio-vasculaires et infectieuses, ainsi que le risque de transfert en réanimation et la durée de séjour à l’hôpital. De plus, le tabagisme peut entraîner des complications au niveau du site opératoire, telles que des infections de la cicatrice, une mauvaise cicatrisation en chirurgie plastique, un risque d’éventration, une infection osseuse, un lâchage de suture digestive, une thrombose vasculaire ou un retard de consolidation osseuse.
- Le tabagisme passif est également associé à un risque accru de complications.
- L’arrêt du tabac avant l’opération peut réduire jusqu’à 3 fois le risque de complications chirurgicales, diminuer de moitié le risque de passage en réanimation et raccourcir la durée de séjour à l’hôpital.
- Enfin, la période péri-opératoire est considérée comme une opportunité pour arrêter de fumer définitivement.
Quel est le délai minimal efficace pour l’arrêt préopératoire du tabac ?
Avant l’opération :
- Arrêter de fumer au moins 6 à 8 semaines avant l’intervention chirurgicale permet de réduire significativement le risque de complications post-opératoires, avec une réduction de 50% des complications respiratoires.
- Arrêter de fumer au moins 4 semaines avant l’opération permet de réduire considérablement le risque de complications post-opératoires, avec une baisse de 25% des complications respiratoires.
- Arrêter de fumer entre 2 et 4 semaines avant l’intervention chirurgicale permet de réduire le risque de complications post-opératoires, avec une légère diminution des complications respiratoires.
Après l’opération :
- Il est important de maintenir l’arrêt du tabac pendant la période post-opératoire jusqu’à la fin de la cicatrisation du site opératoire, c’est-à-dire environ 3 semaines pour les tissus mous et 3 mois pour les tissus osseux.
Comment arrêter le tabagisme péri-opératoire ?
- Les professionnels du parcours de soins (chirurgiens, anesthésistes-réanimateurs, soignants) qui prennent en charge les patients avant et après une opération leur expliquent les bénéfices de l’arrêt du tabac et leur proposent une aide personnalisée pour arrêter de fumer dès leur première consultation préopératoire.
- Si le patient est motivé, un traitement à base de substituts nicotiniques prescrits par le médecin anesthésiste, le chirurgien ou le médecin traitant peut être suffisant pour commencer, sachant que la prise de nicotine devra être arrêtée avant l’opération.
- Si le patient n’est pas motivé ou si sa dépendance au tabac est forte, il peut être nécessaire de consulter un tabacologue. Il existe également d’autres méthodes non médicamenteuses pour aider à arrêter de fumer, comme la thérapie comportementale et cognitive, l’hypnothérapie, l’acupuncture, ou encore des services d’assistance téléphonique ou en ligne (comme Tabac Info Service).
- Il est également recommandé d’arrêter de fumer ou de protéger les enfants de l’exposition au tabagisme passif avant une opération. L’arrêt du tabac peut être évalué en mesurant les niveaux de cotinine (un produit de décomposition de la nicotine) dans les urines.
Le test de dépendance à la nicotine de Fagerström

Liens sur le tabagisme péri-opératoire
Questions fréquentes
Combien de temps avant une opération faut-il arrêter de fumer ?
L’arrêt du tabac est recommandé six à huit semaines avant l’intervention : il réduit alors nettement le risque de complications, avec une diminution de moitié des complications respiratoires. Un arrêt d’au moins quatre semaines réduit ces complications respiratoires d’un quart, et un arrêt de deux à quatre semaines apporte une diminution plus légère. Après l’opération, l’arrêt doit être maintenu jusqu’à la fin de la cicatrisation.
Combien de temps faut-il rester sans fumer après une opération ?
Il est important de maintenir l’arrêt du tabac pendant toute la période postopératoire, jusqu’à la fin de la cicatrisation du site opératoire. Cela correspond à environ trois semaines pour les tissus mous, comme la peau, et à environ trois mois pour les tissus osseux. La période qui entoure l’intervention est d’ailleurs considérée comme une occasion favorable pour arrêter de fumer définitivement.
Peut-on utiliser des substituts nicotiniques avant une opération ?
Oui. Chez un patient motivé, un traitement par substituts nicotiniques, prescrit par l’anesthésiste, le chirurgien ou le médecin traitant, peut suffire pour commencer l’arrêt du tabac. La prise de nicotine devra toutefois être arrêtée avant l’opération. En cas de forte dépendance ou de motivation insuffisante, une consultation avec un tabacologue peut être nécessaire, et d’autres aides existent, comme la thérapie comportementale et cognitive ou Tabac Info Service.
Pourquoi le tabac augmente-t-il les risques en chirurgie plastique ?
Le tabagisme augmente les complications respiratoires, cardiovasculaires et infectieuses, le risque de transfert en réanimation et la durée d’hospitalisation. Il favorise aussi les complications au niveau du site opératoire : infection de la cicatrice, mauvaise cicatrisation en chirurgie plastique, éventration ou thrombose vasculaire. Le tabagisme passif est lui aussi associé à un risque accru de complications. Arrêter de fumer avant l’intervention réduit ces risques.
Comment vérifie-t-on l’arrêt du tabac avant une intervention ?
L’arrêt du tabac peut être évalué en mesurant dans les urines le taux de cotinine, un produit de décomposition de la nicotine. Les professionnels du parcours de soins, chirurgiens, anesthésistes et soignants, expliquent dès la première consultation préopératoire les bénéfices de l’arrêt et proposent une aide personnalisée. Il est aussi recommandé de protéger les enfants de l’exposition au tabagisme passif avant une opération.
Références
- Recommandations actualisées sur la prise en charge du tabagisme en péri-opératoire. Pierre S, Rivera C, Le Maître B, Ruppert AM, Bouaziz H, Wirth N, Saboye J, Sautet A, Masquelet AC, Tournier JJ, Martinet Y, Chaput B, Dureuil B. Recommandations formalisées d’experts. SFAR(Société Française d’Anesthésie et de Réanimation). 2016.
- Guidelines on smoking management during the perioperative period. Pierre S, Rivera C, Le Maître B, Ruppert AM, Bouaziz H, Wirth N, Saboye J, Sautet A, Masquelet AC, Tournier JJ, Martinet Y, Chaput B, Dureuil B. Anaesth Crit Care Pain Med. 2017 Jun;36(3):195-200. doi: 10.1016/j.accpm.2017.02.002. Epub 2017 Feb 24. PMID: 28238936.
- Recommandations sur la prise en charge du tabagisme en période péri-opératoire. Pierre S, Dureuil B. MAPAR (Mises Au Point en Anesthésie-Réanimation). 2017.
- Tabagisme péri-opératoire. Journées de la SFAR (Société Française d’Anesthésie et de Réanimation). 2005.
- La prise en charge du tabagisme périopératoire. Dautzenberg B. La lettre du pneumologue VIII – N°6. 2005.
- La prise en charge du tabagisme périopératoire. Dureuil B, Masquelet AC, Dautzenberg B. Presse Med 2006; 35 :1009-15. 2006.
Recommandations et publications françaises :
- Haute Autorité de santé. Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l’abstinence en premier recours. Recommandation de bonne pratique, mise en ligne novembre 2014. has-sante.fr
- Reinbold C, Rausky J, Binder JP, Revol M. Urinary cotinine testing as pre-operative assessment of patients undergoing free flap surgery. Ann Chir Plast Esthet 2015;60(1):e51-e57. doi:10.1016/j.anplas.2014.10.002
Publications internationales :
- Thomsen T, Villebro N, Møller AM. Interventions for preoperative smoking cessation. Cochrane Database Syst Rev 2014;2014(3):CD002294. doi:10.1002/14651858.CD002294.pub4
- Tang E, Rodriguez RM, Srivastava A, Malhan R, Laksono I, Yan E, et al. Impact of short duration smoking cessation on post-operative complications: A systematic review and meta-analysis. J Clin Anesth 2025;106:111967. doi:10.1016/j.jclinane.2025.111967
- Theocharidis V, Katsaros I, Sgouromallis E, Serifis N, Boikou V, Tasigiorgos S, et al. Current evidence on the role of smoking in plastic surgery elective procedures: A systematic review and meta-analysis. J Plast Reconstr Aesthet Surg 2018;71(5):624-636. doi:10.1016/j.bjps.2018.01.011







