Aucune poitrine n’est parfaitement symétrique : une légère différence de volume, de hauteur ou de forme entre les deux seins est la règle et passe le plus souvent inaperçue. L’asymétrie mammaire devient un motif de consultation lorsqu’elle se voit dans les vêtements, qu’elle oblige à compenser un bonnet ou qu’elle pèse sur l’image de soi, en particulier chez les jeunes femmes. Sa correction ne repose pas sur une technique unique mais sur une combinaison adaptée à chaque sein : implant d’un côté, réduction ou mastopexie de l’autre, lipofilling, souvent associés dans la même intervention. Le Dr Jean-Philippe Binder, chirurgien plasticien, réalise ces interventions à la Clinique Les Martinets, à Rueil-Malmaison, où il reçoit les patientes de l’ouest parisien, de Nanterre à Saint-Germain-en-Laye. Lorsque l’asymétrie fait suite à un cancer du sein, la symétrisation s’inscrit dans le parcours de reconstruction qu’il conduit à l’Institut Curie, à Paris.
En bref
- Causes constitutionnelle, malformative (seins tubéreux, syndrome de Poland), après grossesse ou amaigrissement, après chirurgie ou cancer
- Gestes implant, lipofilling, réduction, mastopexie, seuls ou combinés
- Anesthésie générale, une à trois heures selon les gestes
- Hospitalisation ambulatoire ou une nuit
- Arrêt d’activité 8 à 15 jours ; sport après huit semaines
- Résultat apprécié à trois à six mois, cicatrices à un an
- Prise en charge possible en cas d’asymétrie majeure ou de malformation, après entente préalable ; symétrisation après cancer prise en charge
À qui s’adresse la correction d’une asymétrie mammaire ?
Aux femmes dont les deux seins diffèrent nettement par le volume, la forme, la hauteur du sillon ou la position de l’aréole, et qui en sont gênées au quotidien. Il ne s’agit pas de corriger une différence minime, présente chez presque toutes les femmes, mais une asymétrie qui se remarque et qui retentit sur la vie sociale, sportive ou intime. L’intervention est envisagée une fois la croissance mammaire terminée, en général vers 17 ou 18 ans. Un poids stable, l’absence de projet de grossesse proche et l’arrêt complet du tabac sont demandés. Le Dr Binder ne pose pas d’implants avant 18 ans en dehors d’une malformation reconnue.
Les causes de l’asymétrie
Asymétrie constitutionnelle
La plus fréquente. Les deux seins se développent à la puberté avec des volumes différents, parfois d’un bonnet ou plus, sans malformation : le sein le plus petit a une forme normale, simplement moins de glande. L’asymétrie peut aussi porter sur la hauteur de l’aréole ou sur une ptôse plus marquée d’un côté.
Asymétrie d’origine malformative
Les seins tubéreux sont asymétriques dans la majorité des cas : la base du sein ne s’est pas étendue normalement, le sillon est trop haut, l’aréole élargie, et l’atteinte touche souvent un côté plus que l’autre. Le syndrome de Poland associe l’absence des faisceaux inférieurs du muscle grand pectoral à une hypoplasie du sein et de l’aréole du même côté, parfois à une anomalie de la main. L’aplasie ou l’hypoplasie d’un seul sein, sans autre anomalie, relève de la même logique de chirurgie réparatrice.
Après une grossesse, un allaitement ou un amaigrissement
La glande fond de façon inégale, un sein se vide ou tombe davantage que l’autre, et une asymétrie modérée préexistante devient visible. C’est la situation où le lipofilling ou une mastopexie trouvent souvent leur place.
Après une chirurgie ou un cancer
Une tumorectomie suivie de radiothérapie laisse un sein plus petit et plus ferme ; une mastectomie avec reconstruction appelle presque toujours un geste sur l’autre sein. Plus rarement, une augmentation, une réduction ou une cure de ptôse antérieure a laissé une différence de volume ou de hauteur : la fiche de la SOFCPRE sur les réinterventions range cette asymétrie résiduelle parmi les imperfections qui peuvent justifier une retouche, après discussion du rapport entre bénéfice et risques.
Les alternatives
Une asymétrie modérée peut se gérer sans chirurgie : coussinet ou soutien-gorge rembourré d’un seul côté, et le temps chez l’adolescente dont la croissance n’est pas achevée. Le choix entre les techniques dépend du résultat souhaité : rendre le petit sein semblable au grand, le grand semblable au petit, ou rapprocher les deux d’un volume intermédiaire.
La consultation et le devis

La consultation examine chaque sein séparément : volume, forme, qualité de la peau, hauteur du sillon, diamètre et position de l’aréole, largeur de la base, état du muscle pectoral. Le Dr Binder propose ensuite un plan qui précise le geste prévu de chaque côté, les cicatrices, l’implant éventuel et le nombre de temps opératoires. Deux consultations sont nécessaires avant une intervention comportant un implant.
Le devis détaillé, la ou les fiches d’information de la Société française de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique et, le cas échéant, la demande d’entente préalable sont remis. Un délai de réflexion de quinze jours s’impose. Avant l’opération : échographie ou mammographie selon l’âge, consultation d’anesthésie au moins 72 heures avant, arrêt complet du tabac un mois avant et jusqu’à cicatrisation, arrêt de certains médicaments selon la prescription. Lire les consignes préopératoires.
Le choix de la technique : les combinaisons possibles
La correction d’une asymétrie emprunte aux quatre interventions de base de la chirurgie du sein. Elles sont rarement appliquées de façon identique des deux côtés ; le plus souvent, chaque sein reçoit son propre geste.
Un implant d’un seul côté, ou deux implants de volumes différents
Lorsque le sein le plus petit est bien formé, un implant en gel de silicone, placé devant ou derrière le muscle par une incision dans le sillon, lui apporte le volume manquant. Si la patiente souhaite aussi augmenter l’autre sein, deux implants de volumes différents sont choisis. La fiche de la SOFCPRE sur l’augmentation mammaire par implants précise toutefois qu’une asymétrie de volume résiduelle peut persister malgré des implants de taille différente.
Une réduction ou une mastopexie de l’autre côté
Quand le sein le plus volumineux est aussi le plus tombant, une réduction mammaire unilatérale le ramène au volume et à la hauteur de l’autre, avec les cicatrices habituelles autour de l’aréole, verticale et parfois dans le sillon. Si les volumes sont proches mais la hauteur des aréoles diffère, une mastopexie d’un seul côté, ou des deux avec des dessins différents, rétablit la symétrie. La fiche de la SOFCPRE sur la plastie mammaire de réduction indique que la correction d’une asymétrie fait partie de ses objectifs.
Le lipofilling
La propre graisse de la patiente, prélevée par lipoaspiration puis purifiée, est injectée en micro-particules dans le sein le plus petit. La fiche de la SOFCPRE sur le transfert graisseux le décrit comme particulièrement intéressant pour les hypoplasies unilatérales : il augmente le volume de façon modérée, assouplit les tissus et ne laisse pas de corps étranger. Sa limite est la quantité de graisse disponible, ce qui écarte les patientes très minces, et une prise de la greffe de 60 à 80 %, qui conduit parfois à une seconde séance quelques mois plus tard. Il complète aussi un implant pour adoucir ses contours.
Une aréole trop large ou trop haute d’un côté est réduite ou replacée par une cicatrice périaréolaire, et un sillon trop haut est abaissé, dans le même temps que les gestes précédents.
L’intervention
Sous anesthésie générale, l’intervention dure d’une à trois heures selon le nombre de gestes. Le dessin préopératoire, réalisé debout, fixe la position des sillons, des aréoles et des cicatrices de chaque côté. Le sein qui demande le geste le plus long, réduction ou mastopexie, est traité en premier, puis l’autre reçoit l’implant ou le lipofilling ; la mise en position assise sur la table d’opération permet de comparer les deux seins et d’ajuster le volume. Un drain est parfois laissé une nuit. Un pansement compressif est mis en place en fin d’intervention, puis remplacé le lendemain par un soutien-gorge de contention.
Dans les formes malformatives sévères, lorsque la peau est très rétractée ou très fine, un premier temps de lipofilling prépare le sein et le temps principal a lieu quelques mois plus tard. Le programme est annoncé dès la consultation.
L’anesthésie et l’hospitalisation
L’anesthésie est générale. La sortie a lieu le jour même pour les gestes simples, le lendemain lorsqu’une réduction ou plusieurs gestes sont associés. Lire la page Anesthésie.
Les suites et la convalescence
- Douleurs modérées les premiers jours, plus marquées du côté d’un implant placé derrière le muscle ou sur les zones de prélèvement de graisse, calmées par les antalgiques prescrits.
- Gonflement et bleus, parfois différents d’un sein à l’autre, qui s’estompent en deux à trois semaines ; le sein augmenté paraît d’abord trop haut et trop ferme.
- Pansements légers jusqu’à cicatrisation ; fils résorbables ; douche possible dès le deuxième jour ; bain, piscine et mer après huit semaines.
- Soutien-gorge de contention jour et nuit pendant six semaines ; gaine sur les zones de prélèvement en cas de lipofilling.
- Reprise du travail après 8 à 15 jours ; sport après huit semaines ; avec un implant, pas de sommeil sur le ventre avant huit semaines.
- Consultations de contrôle à quinze jours, trois mois et un an.
Les risques et complications
Ils sont ceux des gestes associés, détaillés sur chaque page et dans les fiches de la SOFCPRE.
- hématome ou infection dans les premiers jours, pouvant imposer une reprise ;
- retard de cicatrisation, surtout à la jonction des cicatrices d’une réduction, favorisé par le tabac ;
- troubles de la sensibilité de l’aréole, le plus souvent transitoires ;
- pour l’implant : coque, plis, déplacement, rupture à long terme ;
- pour le lipofilling : zones fermes de cytostéatonécrose, kystes huileux, résorption partielle de la graisse ;
- asymétrie résiduelle de volume, de hauteur ou de forme des aréoles, qui reste la principale imperfection de cette chirurgie.
Le résultat
Il s’apprécie entre trois et six mois, une fois l’œdème résorbé, l’implant stabilisé et la glande assouplie ; les cicatrices s’estompent sur un an à dix-huit mois. L’amélioration de la symétrie est en général nette, sans que la perfection puisse être promise : une légère différence persiste souvent, et deux seins traités différemment ne vieillissent pas de la même façon. Une retouche, le plus souvent un lipofilling sous anesthésie locale ou une reprise de cicatrice, est possible après six mois à un an.
Cas particuliers
Après un cancer du sein. La symétrisation du sein opposé, par réduction, mastopexie ou augmentation, fait partie de la reconstruction et de la chirurgie conservatrice ; elle est réalisée une fois le sein traité stabilisé, après la radiothérapie. Après une première chirurgie esthétique. Une asymétrie secondaire se corrige après au moins six mois à un an, sur des tissus stabilisés. Chez l’homme. Une asymétrie du thorax relève de la gynécomastie unilatérale ou du syndrome de Poland.
Tarif et prise en charge
La correction d’une asymétrie modérée relève de la chirurgie esthétique et n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie. Une prise en charge partielle existe dans certaines situations reconnues, après entente préalable : asymétrie majeure, absence de développement d’un sein, malformation comme les seins tubéreux ou le syndrome de Poland, réduction d’un sein dès lors que la glande retirée atteint 300 grammes, symétrisation après cancer du sein. Les frais d’hospitalisation sont alors couverts et seuls les dépassements d’honoraires restent à la charge de la patiente ou de sa mutuelle. Le Dr Binder exerce en secteur 2 ; le devis, qui dépend des gestes retenus, est remis en consultation. Voir la page Tarifs et la page Droits du patient.
Questions fréquentes
Est-il normal d’avoir un sein plus gros que l’autre ?
Oui. Une petite différence de volume ou de hauteur existe chez presque toutes les femmes et ne nécessite aucun traitement. On parle d’asymétrie mammaire lorsque la différence atteint environ une taille de bonnet ou modifie nettement la forme ou la position de l’aréole, au point de gêner dans les vêtements.
Peut-on corriger une asymétrie sans implant ?
Souvent. Le lipofilling apporte un volume modéré au sein le plus petit si la patiente dispose d’assez de graisse ; la réduction ou la mastopexie du sein le plus volumineux ramène celui-ci au niveau de l’autre. L’implant reste nécessaire lorsque la différence est importante et que les réserves de graisse manquent.
Faut-il opérer les deux seins ?
Pas toujours. Un geste sur un seul sein suffit quand l’autre est jugé satisfaisant. Opérer les deux côtés, même de façon différente, permet toutefois une symétrie plus fine de la forme et de la hauteur des aréoles.
À quel âge peut-on opérer ?
Une fois la croissance des seins terminée, en général vers 17 ou 18 ans. Chez une adolescente très gênée par une malformation, une consultation plus précoce permet d’expliquer l’anomalie et de préparer le projet, parfois en commençant par un lipofilling.
Le résultat sera-t-il parfaitement symétrique ?
Non, et aucun chirurgien ne peut le promettre. L’objectif est de rendre la différence invisible habillée et discrète nue. Deux seins traités par des techniques différentes évoluent différemment, ce qui explique qu’une retouche soit parfois proposée à distance.
Que se passe-t-il à long terme avec un seul implant ?
Le sein porteur de l’implant garde un volume stable alors que le sein naturel change avec le poids, les grossesses et l’âge. L’implant suit la surveillance de toute augmentation mammaire (consultation annuelle, échographie à 4, 7 et 10 ans après la pose, puis chaque année) ; son remplacement ou son retrait n’est pas systématique à date fixe : il est proposé en cas de problème (rupture, coque gênante, épanchement) ou de souhait de modification.
Peut-on allaiter après la correction ?
La glande est conservée dans toutes les techniques et l’allaitement reste possible dans la plupart des cas. Il peut être réduit du côté d’une réduction mammaire ou d’une malformation, et il est conseillé d’attendre au moins six mois après l’intervention avant une grossesse.
L’asymétrie est-elle prise en charge par l’Assurance maladie ?
Seulement lorsqu’elle est majeure ou d’origine malformative, après entente préalable, ou lorsqu’elle fait suite à un cancer du sein. Dans les autres cas, l’intervention relève de la chirurgie esthétique. La demande est préparée en consultation.
Comment se préparer ?
Arrêt complet du tabac un mois avant, consultation d’anesthésie, imagerie des seins selon l’âge, achat du soutien-gorge de contention et respect des consignes préopératoires. Pour toute question, contactez le secrétariat.
Documents d’information
- Augmentation mammaire par implants (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Transfert graisseux pour augmentation mammaire ou malformations congénitales (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Plastie mammaire de réduction (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Chirurgie de la ptose mammaire (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Chirurgie des seins tubéreux (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Syndrome de Poland (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Consignes préopératoires générales
Voir aussi : Augmentation mammaire par implants, Réduction mammaire, Seins tubéreux.

