Une grossesse et un allaitement transforment durablement le corps : seins qui se vident ou s’affaissent, peau du ventre qui reste distendue, muscles grands droits écartés, graisse installée sur les hanches ou le bas de l’abdomen. Lorsque le retour à un poids stable, la rééducation et le sport ne suffisent plus, la chirurgie plastique peut corriger chacune de ces séquelles par un ou plusieurs gestes adaptés : mastopexie, implants ou lipofilling pour les seins ; abdominoplastie, cure de diastasis ou lipoaspiration pour le ventre. Cette page explique ce que la grossesse modifie, à quel moment une intervention devient raisonnable, comment les gestes se combinent et ce qu’il faut savoir pour une grossesse ou un allaitement ultérieurs. Pour le détail de chaque technique, elle renvoie vers les pages correspondantes. Le Dr Jean-Philippe Binder, chirurgien plasticien, réalise ces interventions à la Clinique Les Martinets, à Rueil-Malmaison, et reçoit en consultation les patientes de Nanterre, de Saint-Germain-en-Laye et de tout l’ouest parisien.

En bref

  • Quand après la fin de l’allaitement, à poids stable, sans grossesse prévue à court terme
  • Seins mastopexie, implants ou lipofilling, seuls ou associés ; réduction si les seins sont trop lourds
  • Ventre lipoaspiration, mini-abdominoplastie ou abdominoplastie avec cure de diastasis
  • Un ou deux temps seins et ventre parfois dans la même intervention, sinon en deux temps espacés
  • Anesthésie générale ; ambulatoire à trois nuits selon le geste
  • Arrêt d’activité de quelques jours à un mois selon le geste
  • Grossesse ultérieure possible, mais elle peut modifier le résultat
  • Prise en charge non, sauf tablier abdominal ou réduction mammaire d’au moins 300 g par sein

Ce que la grossesse et l’allaitement changent

Pendant la grossesse, les seins augmentent de volume sous l’effet des hormones, puis encore pendant l’allaitement. Après le sevrage, la glande diminue, parfois au-dessous de son volume initial, alors que la peau, distendue, ne se rétracte pas toujours. Le sein paraît vidé dans sa partie supérieure et l’aréole descend au-dessous du sillon : c’est la ptôse mammaire, que la fiche de la Société française de chirurgie plastique décrit comme survenant le plus souvent après une grossesse avec allaitement ou après un amaigrissement important. Une asymétrie préexistante peut s’accentuer et des vergetures apparaître.

Le ventre subit une distension comparable. La peau située entre le nombril et le pubis reste relâchée, plissée ou vergeturée. Les deux muscles grands droits, écartés par l’utérus, ne se rejoignent pas toujours après l’accouchement : c’est le diastasis, responsable d’un ventre bombé malgré le sport. Une hernie ombilicale peut l’accompagner. Enfin, une graisse localisée persiste souvent sur le bas du ventre, les hanches ou la culotte de cheval, même après le retour au poids antérieur. Une cicatrice de césarienne, parfois adhérente, complète le tableau.

À qui s’adresse la chirurgie après grossesse ?

Aux femmes qui, une fois le poids stabilisé et la rééducation faite, gardent une gêne nette : seins tombants ou vidés, ventre distendu, muscles écartés, excès de graisse localisé. Il faut être en bonne santé, ne pas fumer ou avoir arrêté complètement un mois avant l’intervention, et avoir des attentes réalistes : l’objectif est une amélioration, non le retour à l’identique. La demande doit venir de la patiente elle-même, à son rythme, et non d’une pression extérieure.

Un surpoids important, un diabète déséquilibré, des antécédents de phlébite ou un tabagisme non interrompu font différer l’intervention. Lire : Amaigrissement avant une chirurgie esthétique.

Quand opérer ?

Trois conditions se cumulent. La première est la fin de l’allaitement : la glande doit avoir retrouvé son volume définitif pour que le chirurgien juge ce qui manque ou ce qui tombe, ce qui demande plusieurs mois après le sevrage. La deuxième est un poids stable, proche du poids de forme, depuis plusieurs mois : un amaigrissement ultérieur fait réapparaître la ptôse et une prise de poids dégrade le résultat du ventre. La troisième est l’absence de projet de grossesse dans les mois qui suivent, car une nouvelle grossesse distend à nouveau la peau et les muscles.

Pour le ventre, la rééducation abdominale et périnéale prescrite après l’accouchement doit avoir été menée à son terme : elle réduit un diastasis modéré et renforce le périnée avant toute remise en tension des muscles. Une cicatrice de césarienne doit être souple et cicatrisée. Il n’y a pas de limite d’âge ; la ptôse et la distension abdominale se traitent aussi bien à trente qu’à cinquante ans.

Les gestes possibles pour les seins

Le choix dépend de deux paramètres examinés en consultation : la hauteur de l’aréole et le volume de la glande.

  • Seins tombants, volume suffisant : la mastopexie replace l’aréole, remodèle la glande et retire la peau en excès. Les cicatrices, autour de l’aréole, verticale et parfois dans le sillon, dépendent de l’importance de la ptôse.
  • Seins vidés, sans affaissement : un implant mammaire restitue le volume de façon durable ; un lipofilling, en greffant la propre graisse de la patiente, apporte une demi-taille à une taille de bonnet par séance, sans corps étranger, à condition de disposer de réserves suffisantes.
  • Seins tombants et vidés : la mastopexie est associée dans le même temps à un implant ou à un lipofilling, pour redonner du galbe au pôle supérieur.
  • Seins devenus trop lourds : la réduction mammaire diminue le volume et remonte le sein ; elle peut être prise en charge lorsque 300 grammes au moins sont retirés de chaque côté.

Une mammographie, complétée au besoin d’une échographie, est prescrite avant toute chirurgie du sein.

Les gestes possibles pour le ventre

  • Peau tonique, graisse localisée : la lipoaspiration retire la graisse du bas du ventre, des hanches ou de la culotte de cheval par des incisions de quelques millimètres, en comptant sur la rétraction de la peau.
  • Excès de peau limité au-dessous du nombril : la mini-abdominoplastie retire ce fuseau de peau par une cicatrice courte, sans déplacer le nombril ; les muscles peuvent être rapprochés dans leur partie basse.
  • Peau distendue de tout le ventre, diastasis, hernie : l’abdominoplastie retire la peau et la graisse entre le nombril et le pubis, redrape la peau du haut du ventre, rapproche les muscles grands droits par des sutures, traite une hernie ombilicale et repositionne le nombril. Une lipoaspiration des flancs la complète souvent. La cicatrice de césarienne est retirée avec la peau en excès.

Lire : Choisir entre plastie, mini-plastie ou lipoaspiration abdominale.

En un temps ou en deux temps

Lorsque les seins et le ventre doivent être traités, deux stratégies sont possibles. Une intervention unique évite une seconde anesthésie et une seconde convalescence, mais elle est plus longue, plus fatigante et augmente le risque de phlébite ; elle se discute avec l’anesthésiste, chez une patiente en bonne santé, pour des gestes d’ampleur raisonnable. Deux interventions séparées, espacées d’au moins trois mois, permettent à chaque zone de cicatriser avant la suivante et conviennent aux gestes lourds ou aux patientes qui préfèrent des suites plus légères. L’ordre est choisi avec la patiente, en commençant par la zone qui la gêne le plus.

La consultation et le devis

Le Dr Binder réalise les photographies standardisées d une patiente lors de la consultation
Des photographies standardisées sont réalisées lors de la consultation

La consultation examine les seins et le ventre, mesure l’excès de peau, apprécie la qualité de la peau, la quantité de graisse, l’écartement des muscles et l’existence d’une hernie, et recherche les contre-indications. Elle fixe les gestes, leur ordre et le dessin des cicatrices. Le devis, la fiche d’information de la Société française de chirurgie plastique pour chaque intervention et les consignes sont remis ; un délai de réflexion de quinze jours s’impose avant toute chirurgie esthétique. Deux consultations sont nécessaires pour une chirurgie du sein. Avant l’opération : consultation d’anesthésie, bilan sanguin, imagerie des seins, arrêt complet du tabac un mois avant et jusqu’à cicatrisation, pas d’aspirine dans les dix jours précédents, arrêt éventuel de la contraception orale. Lire les consignes préopératoires et la page Anesthésie.

Les suites et la convalescence

Les suites dépendent du geste ; chaque page d’intervention les détaille. Dans les grandes lignes :

  • Lipoaspiration : sortie le jour même ou le lendemain, courbatures et bleus pendant deux à trois semaines, vêtement de contention six semaines, reprise en deux à dix jours, sport après trois semaines.
  • Mastopexie, implants ou lipofilling du sein : une nuit, parfois ambulatoire ; soutien-gorge de contention jour et nuit pendant six semaines ; reprise du travail après huit à quinze jours ; sport après six à huit semaines.
  • Abdominoplastie : une à trois nuits, marche penchée pendant une à deux semaines, gaine jour et nuit pendant six semaines à deux mois, arrêt de travail de quinze jours à un mois, sport et port de charges interdits deux mois.
  • Après une intervention combinée, prévoir une aide à domicile pour les enfants en bas âge, que l’on ne peut pas porter pendant plusieurs semaines.
  • Cicatrices protégées du soleil pendant un an.

Les risques et complications

Chaque intervention comporte les risques de toute chirurgie et ceux de l’anesthésie, détaillés sur la page correspondante et dans les fiches. Les plus importants à connaître après grossesse :

  • phlébite et embolie pulmonaire, prévenues par les bas de contention, le lever précoce et un traitement anticoagulant, surtout en cas de gestes associés ;
  • hématome, infection, épanchement de lymphe après abdominoplastie ;
  • nécrose de la peau ou de l’aréole, rare, nettement favorisée par le tabac ;
  • cicatrices élargies ou épaissies, asymétrie résiduelle, troubles de la sensibilité du mamelon ou de la peau sous le nombril, le plus souvent transitoires ;
  • pour les implants : coque, rupture, nécessité d’un changement au cours de la vie ; pour le lipofilling : résorption partielle de la graisse.

Le résultat

La forme des seins est acquise à trois mois, le ventre s’apprécie après trois à six mois, et les cicatrices s’estompent sur un à deux ans. Le résultat est durable tant que le poids reste stable. Les seins continuent ensuite de vieillir et restent sensibles aux variations hormonales et pondérales ; une grossesse ultérieure peut faire réapparaître une ptôse ou distendre à nouveau le ventre, sans danger mais parfois au prix d’une retouche. Le but est une amélioration nette et naturelle, non la perfection.

Grossesse et allaitement après la chirurgie

Une grossesse reste possible après chacune de ces interventions. Après la pose d’implants, elle est envisageable sans danger pour la mère ni pour l’enfant, en attendant au moins six mois après l’opération. Après une abdominoplastie, la paroi musculaire suturée supporte une grossesse, mais la peau se distend de nouveau et le résultat peut se dégrader ; mieux vaut donc opérer après la dernière grossesse envisagée.

L’allaitement est le plus souvent possible après une mastopexie ou une réduction, car la glande et le mamelon restent attachés, mais il ne peut pas être garanti : certaines techniques sectionnent une partie des canaux. Il reste possible dans la plupart des cas avec des implants et n’est pas gêné par un lipofilling, dont la graisse est placée autour de la glande. Chaque page d’intervention précise ce point.

Tarif et prise en charge

Ces interventions relèvent de la chirurgie esthétique et ne sont pas prises en charge par l’Assurance maladie, sauf deux situations prévues par les fiches de la Société française de chirurgie plastique : la réduction mammaire lorsque 300 grammes au moins de glande sont retirés par sein, et la plastie abdominale étendue en présence d’un tablier abdominal recouvrant le pubis, après entente préalable ; la cure d’une hernie ombilicale associée peut également être prise en charge. Dans ces cas, seuls les dépassements d’honoraires restent à la charge de la patiente ou de sa mutuelle. Le Dr Binder exerce en secteur 2 ; un devis personnalisé, valable trois mois, est remis en consultation pour chaque geste ou pour l’ensemble. Voir la page Tarifs et l’article Chirurgie esthétique : quel remboursement possible ?.

Questions fréquentes

Combien de temps après l’accouchement peut-on se faire opérer ?

Il n’y a pas de date fixe, mais des conditions : allaitement terminé depuis plusieurs mois, poids stable, rééducation faite, cicatrice de césarienne souple. En pratique, cela conduit rarement à opérer avant un an après la naissance. Opérer trop tôt expose à juger un sein ou un ventre qui n’a pas fini d’évoluer.

Faut-il attendre d’avoir eu tous ses enfants ?

C’est préférable, surtout pour le ventre : une grossesse après abdominoplastie distend de nouveau la peau et peut écarter les muscles. Pour les seins, une grossesse ultérieure est possible et sans danger, mais elle peut faire réapparaître une ptôse. Si une grossesse survient malgré tout, elle se déroule normalement.

Peut-on allaiter après une mastopexie ou des implants ?

Le plus souvent oui. La mastopexie conserve la glande et le mamelon, mais certaines techniques sectionnent des canaux et l’allaitement peut être réduit : il n’est pas garanti. Avec des implants, placés derrière la glande ou le muscle, l’allaitement reste possible dans la plupart des cas. Le lipofilling ne le gêne pas.

Le sport et la rééducation peuvent-ils suffire ?

Ils sont indispensables et doivent être essayés d’abord. Ils renforcent les muscles, réduisent un diastasis modéré et font perdre la graisse diffuse. Ils n’agissent pas sur la peau distendue, sur un écartement musculaire important ni sur une glande qui a fondu : c’est à ce stade que la chirurgie se discute.

Peut-on opérer les seins et le ventre le même jour ?

Dans certains cas, chez une patiente en bonne santé et pour des gestes d’ampleur raisonnable, au prix d’une intervention plus longue et d’un risque de phlébite accru, à discuter avec l’anesthésiste. Pour des gestes lourds, deux interventions espacées d’au moins trois mois sont plus sûres et plus confortables.

Les vergetures disparaissent-elles ?

Celles situées sous le nombril sont retirées avec la peau lors d’une abdominoplastie ; celles du haut du ventre sont abaissées et atténuées, mais persistent. Sur les seins, la mastopexie retire une partie de la peau vergeturée sans faire disparaître les vergetures restantes. La lipoaspiration ne les traite pas.

Que devient la cicatrice de césarienne ?

Lors d’une abdominoplastie ou d’une mini-abdominoplastie, elle est retirée avec le fuseau de peau en excès et remplacée par la cicatrice horizontale de l’intervention, placée bas, de façon à être cachée par les sous-vêtements. Une cicatrice de césarienne adhérente ou creusée est ainsi corrigée.

L’Assurance maladie prend-elle en charge ces interventions ?

Non en règle générale. Deux exceptions : la réduction mammaire d’au moins 300 grammes par sein et la plastie abdominale pour tablier recouvrant le pubis, après entente préalable. Les dépassements d’honoraires restent à la charge de la patiente ou de sa mutuelle dans tous les cas.

Et si le poids n’est pas revenu à la normale ?

Mieux vaut attendre. La lipoaspiration ne fait pas maigrir, l’abdominoplastie donne un résultat moins bon et plus risqué en surpoids, et un amaigrissement après la chirurgie du sein fait réapparaître la ptôse. Un accompagnement diététique, parfois médical, précède alors l’intervention. Lire : L’IMC, un indicateur clé en chirurgie esthétique.

Documents d’information

Voir aussi : Mastopexie, Abdominoplastie, Chirurgie de la silhouette.

Références

Recommandations et publications françaises :

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  • Gardeil L, Delpierre V, Auquit Auckbur I. L’allaitement après une chirurgie mammaire. Ann Chir Plast Esthet 2022;67(5-6):291-296. doi:10.1016/j.anplas.2022.06.006

Publications internationales :

  • Winocour J, Gupta V, Ramirez JR, Shack RB, Grotting JC, Higdon KK. Abdominoplasty: Risk Factors, Complication Rates, and Safety of Combined Procedures. Plast Reconstr Surg 2015;136(5):597e-606e. doi:10.1097/PRS.0000000000001700
  • Karunaratne YG, Romeo PB, Willis M, Sanki A. The Safety and Effects of Pregnancy after Abdominoplasty: A Systematic Review of the Literature. Aesthetic Plast Surg 2023;47(4):1472-1479. doi:10.1007/s00266-023-03423-x
  • Chen J, Zhu XM, Huynh MNQ, McRae M. Breastfeeding Outcome and Complications in Females With Breast Implants: A Systematic Review and Meta-Analysis. Aesthet Surg J 2023;43(7):731-740. doi:10.1093/asj/sjad027