Une cicatrice qui devient rouge, épaisse et en relief n’est pas forcément une chéloïde. La cicatrice hypertrophique reste limitée à la plaie et s’améliore souvent d’elle-même en quelques mois ; la chéloïde déborde de la plaie, continue de grossir et récidive volontiers après un traitement mal conduit. Toutes deux peuvent démanger, faire mal et gêner, en particulier sur le thorax, les épaules, le lobe de l’oreille ou sur les peaux foncées. Leur traitement est d’abord médical : silicone, compression, injections de corticoïdes ; la chirurgie n’intervient qu’associée à ces traitements, car seule elle fait récidiver la chéloïde. Le Dr Binder, chirurgien plasticien, reçoit en consultation et traite ces cicatrices en ambulatoire à la Clinique Les Martinets, à Rueil-Malmaison, pour des patients venant notamment de Puteaux ou du Vésinet. La correction des autres cicatrices est détaillée sur la page Correction de cicatrices.
En bref
- Hypertrophique rouge et en relief, limitée à la plaie, régresse souvent spontanément
- Chéloïde déborde de la plaie, continue de croître, récidive fréquente
- Zones à risque thorax, épaules, lobe de l’oreille, peaux foncées
- Traitement d’abord médical : silicone, compression, injections de corticoïdes
- Chirurgie toujours associée à un traitement contre la récidive, décidé à l’avance
- Anesthésie locale, en ambulatoire
- Suivi plusieurs mois, parfois plus d’un an
- Prise en charge si cicatrice douloureuse ou gênante, sinon sur devis
Comment évolue une cicatrice normale ?
Dès qu’une plaie atteint le derme, la couche profonde de la peau, elle laisse une cicatrice définitive. La cicatrisation se fait en trois phases. Les premiers jours, la cicatrice est fine. Au cours des un à deux premiers mois, elle devient plus rouge, dure et gonflée, et les démangeaisons sont fréquentes ; cette phase dure en moyenne trois à six mois. Elle commence ensuite à blanchir et à s’assouplir, et les démangeaisons disparaissent.
Au terme de ce processus, entre six mois et deux ans, la cicatrice est blanche, souple et indolore. Une cicatrice rouge et épaisse à trois mois n’est donc pas anormale : il faut savoir attendre avant de parler de cicatrice hypertrophique, et plus encore avant de la corriger.
Cicatrice hypertrophique ou chéloïde : la différence
La cicatrice hypertrophique est rouge, épaisse, en relief, parfois douloureuse ou source de démangeaisons, mais elle reste dans les limites de la plaie initiale. Elle apparaît dans les semaines qui suivent la plaie, souvent lorsque la cicatrice est soumise à une tension, par exemple sur une articulation ou en travers des lignes naturelles de la peau. Elle régresse souvent spontanément en un à deux ans, avec les soins adaptés.
La chéloïde vraie déborde des limites de la plaie et envahit la peau saine voisine. Elle continue de grossir pendant des mois, parfois des années, ne régresse pas d’elle-même et peut apparaître après une plaie minime : un perçage d’oreille, un bouton d’acné, une égratignure, une vaccination. Elle est plus rare, mais son traitement est délicat et souvent décevant, car elle tend à récidiver, parfois plus volumineuse, après une simple exérèse.
La distinction se fait à l’examen et sur l’évolution dans le temps ; elle conditionne tout le traitement. Une lésion qui ressemble à une chéloïde mais qui grossit sans plaie préalable doit faire discuter une biopsie, pour écarter une tumeur comme le dermatofibrosarcome.
Les terrains à risque
Le risque de chéloïde dépend d’abord du terrain : il est plus élevé sur les peaux foncées, avec une prédisposition ethnique marquée. Il dépend aussi de la zone : le devant du thorax, la région du sternum, les épaules, le haut du dos et le lobe de l’oreille sont les régions les plus exposées. L’âge compte également, les chéloïdes étant plus fréquentes chez l’adolescent et l’adulte jeune.
Une personne qui a déjà fait une chéloïde a un risque élevé d’en refaire une après toute nouvelle plaie dans une zone à risque. Il est essentiel de le signaler avant toute chirurgie, même esthétique, et avant un perçage.
À qui s’adresse le traitement ?
Aux personnes gênées par une cicatrice en relief, qu’elle démange, fasse mal, frotte sur les vêtements, limite un mouvement ou soit simplement visible. Une cicatrice hypertrophique récente relève d’abord de soins et d’une surveillance ; une cicatrice hypertrophique stabilisée, au-delà de la maturation, peut être corrigée chirurgicalement si sa cause est mécanique. Une chéloïde relève toujours d’un traitement médical, éventuellement associé à une chirurgie.
La prévention
- Signaler au chirurgien tout antécédent de chéloïde ou de cicatrice hypertrophique.
- Éviter les gestes non indispensables, perçages et petites chirurgies esthétiques, sur les zones à risque lorsqu’on a déjà fait une chéloïde.
- Fermer les plaies sans tension, dans l’axe des lignes naturelles de la peau.
- Arrêter le tabac au moins un mois avant une intervention et jusqu’à cicatrisation.
- Pendant la maturation : massage quotidien avec une crème hydratante, silicone en plaque ou en gel si le chirurgien le prescrit, compression sur certaines zones.
- Protéger la cicatrice du soleil tant qu’elle est rosée, par un vêtement ou un écran total. Lire : Protéger sa peau du soleil.
La consultation et le devis

Le Dr Binder vous interroge sur l’origine de la cicatrice, son ancienneté, son évolution, les traitements déjà reçus et vos antécédents personnels et familiaux de cicatrisation. Il examine la cicatrice, ses limites par rapport à la plaie initiale, sa consistance et sa sensibilité, et la photographie pour suivre son évolution d’une consultation à l’autre.
Il vous propose un traitement, médical, chirurgical ou combiné, et vous explique sa durée et ses limites. Lorsqu’une chirurgie est envisagée, le devis et la fiche d’information de la Société française de chirurgie plastique vous sont remis. Lire les consignes préopératoires et la page Droits du patient.
Les traitements
Les plaques et gels de silicone
Appliqués sur la cicatrice plusieurs heures par jour pendant plusieurs mois, ils diminuent la rougeur et l’aspect gonflé. Ils sont utiles en prévention, dès la cicatrisation obtenue, et en traitement des cicatrices hypertrophiques récentes.
La compression
Un vêtement compressif sur mesure exerce une pression continue qui aplatit la cicatrice. Elle est utile lorsqu’elle est possible, surtout sur les grandes surfaces ; elle s’applique mal au lobe de l’oreille.
Les injections de corticoïdes
Un corticoïde est injecté directement dans la cicatrice, à l’aiguille fine. Il réduit l’épaisseur, les démangeaisons et la douleur. Après une reprise chirurgicale de la cicatrice, la première injection est faite vers la cinquième semaine, puis les suivantes à trois semaines d’intervalle. Le nombre de séances reste limité, trois en général, car des injections répétées amincissent la peau : les effets indésirables possibles sont une atrophie cutanée, une petite dépression ou une décoloration autour de la cicatrice.
La chirurgie
Pour une cicatrice hypertrophique stabilisée, liée à une tension ou à une mauvaise orientation, l’exérèse suivie d’une suture sans tension, parfois avec une plastie en Z qui change l’axe de la cicatrice, donne souvent une cicatrice plus fine. Pour une chéloïde, la chirurgie seule récidive : elle n’est proposée qu’associée à des injections de corticoïdes, à une compression ou à une radiothérapie de contact, décidées à l’avance. L’exérèse peut être faite à l’intérieur de la chéloïde, en laissant un fin liseré, pour ne pas créer de nouvelle plaie dans la peau saine.
La radiothérapie de contact
Réalisée par un radiothérapeute dans les jours qui suivent l’exérèse d’une chéloïde récidivante ou volumineuse, elle diminue le risque de récidive. Rarement utilisée, elle est réservée à l’adulte et aux zones éloignées des organes sensibles.
L’intervention
L’exérèse d’une cicatrice hypertrophique ou d’une chéloïde se fait le plus souvent sous anesthésie locale, en ambulatoire : vous entrez et sortez le jour même, sans être à jeun lorsque l’anesthésie est purement locale. Une anesthésie générale n’est utile que pour les cicatrices étendues ; une consultation d’anesthésie est alors prévue. La peau est refermée en plusieurs plans, sans tension ; les injections de corticoïde sont faites à distance, la première vers la cinquième semaine. Aucun médicament contenant de l’aspirine ne doit être pris dans les dix jours qui précèdent.
Les suites et le suivi
- Sensation de tension, rarement de véritable douleur ; petits suintements et bleus transitoires les premiers jours.
- Démangeaisons fréquentes pendant la cicatrisation, sans gravité.
- Fils retirés entre le cinquième et le quinzième jour selon la zone.
- Éviter de forcer sur la cicatrice les premières semaines.
- Massages, silicone et compression selon la prescription, pendant plusieurs mois.
- Consultations de contrôle régulières : elles permettent de reconnaître tôt une récidive et de la traiter par injections.
Les risques et la récidive
- petits saignements, hématome, infection, désunion de la suture, rares ;
- nouvelle cicatrice qui s’épaissit à son tour, la cicatrisation restant imprévisible ;
- récidive de la chéloïde, fréquente malgré les traitements associés, parfois plus volumineuse que la lésion initiale ;
- amincissement, dépression ou décoloration de la peau après injections de corticoïdes ;
- effets propres à la radiothérapie, discutés avec le radiothérapeute.
Le résultat
Le résultat se juge sur plusieurs mois, parfois jusqu’à un ou deux ans. Pour une cicatrice hypertrophique, l’objectif est une cicatrice plate, souple et pâle, souvent atteint. Pour une chéloïde, l’objectif est une cicatrice plate et indolore, mais la récidive reste possible : le suivi prolongé et la reprise précoce des injections en cas de récidive font partie du traitement. Aucune technique ne fait disparaître une cicatrice.
Cas particuliers
Le lobe de l’oreille est un siège fréquent de chéloïde après un perçage. Le traitement associe l’exérèse et des injections de corticoïdes. Voir la page Lobe d’oreille déchiré ou fendu.
Le thorax et les épaules sont des zones à haut risque, où l’on évite les exérèses de lésions bénignes non nécessaires chez une personne qui a déjà fait une chéloïde. Les peaux foncées imposent la même prudence.
Tarif et prise en charge
Le traitement d’une cicatrice douloureuse, qui gêne un mouvement, ou séquelle d’un accident ou d’une chirurgie, est pris en charge par l’Assurance maladie, après entente préalable lorsque l’acte le prévoit ; seuls les dépassements d’honoraires restent à la charge du patient ou de sa mutuelle. La correction d’une cicatrice pour un motif purement esthétique relève de la chirurgie esthétique, sur devis, avec un délai de réflexion de quinze jours. Le devis est remis en consultation. Voir la page Tarifs.
Questions fréquentes
Comment savoir si ma cicatrice est une chéloïde ?
Une cicatrice hypertrophique reste dans les limites de la plaie et s’améliore avec le temps. Une chéloïde déborde sur la peau saine, continue de grossir et ne régresse pas. La distinction se fait à l’examen, parfois après plusieurs mois de surveillance, et oriente tout le traitement.
Une cicatrice rouge et épaisse à deux mois est-elle anormale ?
Non. Entre le premier et le sixième mois, une cicatrice normale devient rouge, dure et gonflée, et démange souvent. Elle blanchit et s’assouplit ensuite, sur six mois à deux ans. Il faut la masser, la protéger du soleil et la montrer au chirurgien si elle déborde ou grossit.
Faut-il retirer une chéloïde ?
Pas seule. L’exérèse simple d’une chéloïde est suivie d’une récidive dans la plupart des cas, parfois plus volumineuse. La chirurgie n’est proposée qu’associée à des injections de corticoïdes, à une compression ou à une radiothérapie de contact, décidées à l’avance, et après échec ou en complément du traitement médical.
Les injections de corticoïdes sont-elles douloureuses ?
Elles sont désagréables, car la chéloïde est dure et sensible ; la douleur est brève. Trois séances en général, espacées de trois semaines, et la première vers la cinquième semaine après une reprise de la cicatrice ; leur nombre est limité pour ne pas amincir la peau. Elles réduisent l’épaisseur, les démangeaisons et la douleur, avec un risque d’amincissement ou de décoloration de la peau autour.
Combien de temps porter le silicone ?
Plusieurs heures par jour, idéalement la plus grande partie de la journée, pendant plusieurs mois, jusqu’à ce que la cicatrice soit pâle et souple. Le silicone se pose sur une peau propre et sèche, une fois la plaie complètement fermée.
Peut-on se faire percer les oreilles après une chéloïde ?
C’est déconseillé : une personne qui a fait une chéloïde après un perçage a un risque élevé d’en refaire une, au même endroit ou sur l’autre oreille. Si vous y tenez, parlez-en au Dr Binder avant, pour discuter du site et d’une surveillance rapprochée.
Une chéloïde peut-elle devenir un cancer ?
Non, la chéloïde est une lésion bénigne. En revanche, une lésion qui ressemble à une chéloïde mais qui apparaît sans plaie préalable ou grossit de façon inhabituelle doit être montrée à un médecin : une biopsie peut être nécessaire pour écarter une tumeur.
Le résultat est-il définitif ?
Pour une cicatrice hypertrophique, l’amélioration est en général durable. Pour une chéloïde, la récidive reste possible, parfois après plusieurs mois. Le suivi régulier permet de la reconnaître tôt et de la traiter par injections, avant qu’elle ne grossisse. Aucune technique ne fait disparaître une cicatrice.
Le traitement est-il remboursé ?
Oui lorsque la cicatrice est douloureuse, gêne un mouvement ou est la séquelle d’un accident ou d’une chirurgie : l’Assurance maladie la prend en charge, les dépassements d’honoraires restant à votre charge ou à celle de votre mutuelle. Pour un motif purement esthétique, la correction se fait sur devis.
Documents d’information
- Cicatrisation et correction des cicatrices (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Chirurgie plastique en ambulatoire (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Tabac et chirurgie plastique (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Consignes préopératoires générales
Voir aussi : Correction de cicatrices, Chirurgie des tumeurs cutanées, Otoplastie.

