Le double menton est un excès de graisse situé sous le menton, entre le menton et le cou, souvent associé à un relâchement de la peau qui efface l’angle entre les deux. Il n’est pas réservé aux personnes en surpoids : il apparaît fréquemment chez des personnes minces, par prédisposition familiale, et s’accentue avec l’âge. Il résiste au régime et au sport, et donne au visage un aspect alourdi, parfois vieilli, de face comme de profil. Deux traitements chirurgicaux existent selon le mécanisme en cause : la liposuccion du menton, geste court réalisé sous anesthésie locale lorsque la graisse domine et que la peau est de bonne qualité, et le lifting du cou lorsque la peau et le muscle du cou sont relâchés. Le Dr Binder, chirurgien plasticien, reçoit en consultation et opère à la Clinique Les Martinets, à Rueil-Malmaison, à quelques minutes de Nanterre, de Suresnes et de Saint-Germain-en-Laye.
En bref
- Anesthésie locale, parfois locale approfondie avec sédation
- Durée 30 minutes à 1 heure
- Hospitalisation ambulatoire, sortie le jour même
- Arrêt d’activité 2 à 5 jours, bleus visibles jusqu’à 2 ou 3 semaines
- Contention mentonnière élastique pendant 3 à 6 semaines
- Sport après 3 semaines
- Résultat visible dès 3 semaines, définitif à 6 mois
- Prise en charge non ; devis remis en consultation
Pourquoi un double menton ?
Quatre mécanismes, souvent associés, expliquent un double menton. Le premier est l’accumulation de graisse sous le menton, entre la peau et le muscle du cou, le platysma. Cette graisse est en partie héréditaire : un double menton peut exister dès la vingtaine chez une personne mince.
Le deuxième est le relâchement de la peau et du platysma. Avec l’âge, le soleil, le tabac ou après un amaigrissement important, la peau du cou perd son élasticité : l’angle entre le menton et le cou s’ouvre, des cordes verticales apparaissent et l’ovale s’empâte. Le problème n’est plus seulement un excès de graisse mais un excès de peau.
Le troisième est la morphologie osseuse. La position de l’os hyoïde, petit os situé à la racine de la langue, et la projection du menton déterminent la profondeur de l’angle cervico-mentonnier : un os hyoïde bas et en avant, ou un menton fuyant, rendent le cou court de profil, même sans excès de graisse. Le quatrième est le poids : une prise de poids remplit le cou, et des variations répétées distendent la peau. Le traitement dépend du mécanisme dominant, que seul l’examen permet de déterminer.
À qui s’adresse la liposuccion du menton ?
Aux femmes et aux hommes qui présentent un excès de graisse localisé sous le menton, avec une peau encore tonique, capable de se rétracter sur le nouveau galbe : c’est le cas le plus fréquent avant 45 ou 50 ans, et parfois plus tard lorsque la peau a été préservée. Un poids proche du poids de forme et stable depuis plusieurs mois est préférable.
Elle n’est pas indiquée lorsque le relâchement de la peau domine, en cas de surpoids important ou de poids instable, ni en cas de pathologie non stabilisée ou de trouble de la coagulation. Comme pour toute lipoaspiration, l’arrêt complet du tabac un mois avant et jusqu’à cicatrisation est demandé. Lorsque l’excès de peau domine, le lifting cervico-facial est plus adapté.
L’évaluation en consultation et le devis

La consultation commence par un examen du cou de face et de profil, au repos et en contraction. Le Dr Binder apprécie l’épaisseur de la graisse en la pinçant, l’élasticité de la peau, la présence de cordes du platysma lorsque vous contractez le cou, la projection du menton et la position de l’angle cervico-mentonnier. Il vous interroge sur votre poids et vos attentes. Des photographies standardisées sont réalisées.
Il vous indique alors si une liposuccion seule peut répondre à votre demande, si un lifting du cou est préférable, ou si un geste complémentaire sur le menton est utile. Le devis et la fiche d’information de la Société française de chirurgie plastique vous sont remis ; un délai de réflexion de quinze jours est obligatoire avant toute intervention de chirurgie esthétique. La consultation préopératoire est facturée 100 €.
Avant l’intervention : pas d’aspirine ni d’anti-inflammatoire dans les dix jours qui précèdent, arrêt du tabac un mois avant, consultation d’anesthésie au plus tard 72 heures avant si une sédation est prévue. Lire les consignes préopératoires et la page Droits du patient.
Liposuccion ou lifting du cou : le choix de la technique
La liposuccion seule convient lorsque la graisse est l’élément principal et que la peau se rétractera. Le geste est court, sous anesthésie locale, en ambulatoire, par des incisions de quelques millimètres. Le résultat repose sur le retrait définitif des cellules graisseuses et sur la rétraction de la peau, favorisée par une aspiration superficielle avec des canules très fines.
Le lifting du cou, le plus souvent dans le cadre d’un lifting cervico-facial, s’impose lorsque la peau est en excès, que des cordes du platysma sont visibles ou que l’ovale est empâté par des bajoues. La graisse sous le menton est retirée dans le même temps, par lipoaspiration ou aux ciseaux, puis le platysma est remis en tension et l’excès de peau retiré par des incisions cachées autour des oreilles, sous anesthésie générale, avec une nuit d’hospitalisation.
Les cas intermédiaires sont fréquents après 45 ans : une liposuccion peut être proposée en premier, en sachant que la rétraction sera partielle et qu’un lifting pourra suivre plus tard. À l’inverse, une liposuccion sur une peau déjà relâchée aggrave l’aspect du cou : c’est l’erreur à éviter, et l’indication se pose donc en consultation, non sur photo.
Ce que la médecine esthétique peut et ne peut pas
Les injections ne traitent pas le double menton : aucune injection ne retire la graisse sous le menton ni ne retend la peau du cou. Il faut le savoir pour ne pas multiplier des séances sans résultat sur ce motif.
La médecine esthétique garde une place dans deux situations. Lorsque le menton est fuyant, des injections d’acide hyaluronique ou un lipofilling peuvent augmenter sa projection et redessiner la ligne de la mâchoire, seuls ou en complément d’une liposuccion. Lorsque des cordes du cou sont visibles sans excès de peau important, la toxine botulique peut les atténuer temporairement, hors autorisation de mise sur le marché et après information. Ces gestes ne remplacent pas la chirurgie.
L’intervention
Après désinfection et dessin des zones à traiter, un anesthésique local est infiltré sous la peau du menton et du cou. Une incision de 2 millimètres est placée dans le pli situé sous le menton, parfois complétée par une incision derrière chaque lobe d’oreille pour les côtés du cou. Des canules fines à bout arrondi, reliées à un circuit d’aspiration, retirent la graisse en éventail, de façon régulière, dans le plan superficiel pour favoriser la rétraction de la peau. La quantité retirée est adaptée à la qualité de la peau : l’objectif est de recréer un angle entre le menton et le cou, non de vider la zone.
Le Dr Binder vérifie la symétrie, ferme les incisions par un point très fin et met en place une mentonnière élastique qui comprime la zone et guide la rétraction. L’intervention dure de trente minutes à une heure. Vous rentrez chez vous après une courte surveillance, accompagné.
L’anesthésie et l’hospitalisation
La liposuccion du menton se fait dans la grande majorité des cas sous anesthésie locale pure : l’infiltration est le seul moment un peu désagréable, puis le geste est indolore. Chez les personnes anxieuses ou lorsque d’autres zones sont traitées, une sédation par le médecin anesthésiste peut être proposée ; elle impose une consultation d’anesthésie préalable et de rester à jeun six heures avant. L’intervention a lieu au bloc opératoire de la clinique, en ambulatoire.
Les suites et la convalescence
- Les deux premiers jours : sensation de tension et de courbatures sous le menton, calmée par des antalgiques simples ; la mentonnière est portée en continu.
- Ecchymoses du cou, qui peuvent descendre vers le décolleté, et gonflement : ils s’estompent en 10 à 20 jours.
- Pansement retiré le lendemain ; douche possible dès le lendemain.
- Engourdissement de la peau sous le menton, habituel, qui régresse en quelques semaines à quelques mois.
- Mentonnière portée jour et nuit les premiers jours, puis la nuit, pour une durée totale de 3 à 6 semaines.
- Reprise de l’activité professionnelle en 2 à 5 jours, plus tôt en télétravail ; sport après 3 semaines.
- Pas d’exposition au soleil ni aux UV sur le cou pendant 3 semaines.
Les risques et complications
La liposuccion du menton est une intervention chirurgicale, même si elle est courte et réalisée sous anesthésie locale. Les complications sont rares lorsque l’indication est bien posée et le geste réalisé en milieu chirurgical, mais elles doivent être connues :
- hématome ou épanchement, exceptionnels, parfois à ponctionner ;
- infection, rarissime dans cette chirurgie dite fermée ;
- troubles de la sensibilité de la peau du menton et du cou, le plus souvent transitoires, pouvant persister de 3 à 12 mois ;
- faiblesse transitoire de la lèvre inférieure par irritation d’un rameau du nerf facial, rare, qui régresse en règle en quelques semaines ;
- irrégularités de surface, asymétrie ou insuffisance de correction, accessibles à une retouche sous anesthésie locale à partir du sixième mois ;
- rétraction insuffisante de la peau, laissant un relâchement visible qui relève alors d’un lifting du cou ;
- nécrose cutanée localisée, exceptionnelle, favorisée par le tabac ; phlébite et embolie pulmonaire, complication la plus grave de toute lipoaspiration, très improbable pour un geste court sous anesthésie locale.
Le résultat
Le résultat commence à apparaître après trois semaines, une fois le gonflement résorbé. La peau met ensuite trois à six mois pour se rétracter complètement sur le nouveau galbe, et l’aspect définitif s’apprécie à six mois, parfois jusqu’à un an. Le profil retrouve un angle net entre le menton et le cou, et le visage paraît plus fin, sans que ses traits soient modifiés.
Les cellules graisseuses retirées ne se reforment pas : le résultat est durable, à condition de garder un poids stable. Le vieillissement de la peau se poursuit à son rythme, et un relâchement peut apparaître des années plus tard, qui relèvera alors d’un lifting du cou. L’objectif est une amélioration naturelle, non la perfection ; une légère irrégularité ou asymétrie reste possible.
Cas particuliers
Chez l’homme. Le double menton est un motif fréquent de consultation masculine. La peau, plus épaisse, se rétracte un peu moins facilement ; l’incision sous le menton est cachée par la barbe lorsqu’elle existe. Un menton fuyant est souvent associé.
Après un amaigrissement important. La peau du cou est souvent distendue et la liposuccion seule risque de l’aggraver : le lifting du cou est préférable, une fois le poids stabilisé. Lire : Amaigrissement avant une chirurgie esthétique.
Selon l’âge. Avant 40 ans, la liposuccion seule suffit presque toujours. Entre 45 et 60 ans, l’examen de la peau décide. Au-delà, le lifting cervico-facial est le plus souvent nécessaire. Une blépharoplastie ou un lipofilling du visage peuvent être associés dans le même temps.
Tarif et prise en charge
La liposuccion du menton relève de la chirurgie esthétique : elle n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie et aucun arrêt de travail ne peut être prescrit. Un devis personnalisé, valable trois mois, est remis en consultation. Voir la page Tarifs et l’article Chirurgie esthétique : quel remboursement possible ?
Questions fréquentes
La liposuccion du menton est-elle douloureuse ?
Non. L’infiltration de l’anesthésique local pique pendant quelques secondes, puis le geste est indolore. Les jours suivants, la gêne se limite à une sensation de tension et de courbatures sous le menton, calmée par du paracétamol. La mentonnière est plus contraignante que douloureuse.
La peau va-t-elle se rétracter ?
C’est la question centrale, et c’est l’examen qui y répond. Une peau jeune, épaisse et élastique se rétracte bien en trois à six mois. Une peau fine, relâchée ou marquée par le soleil se rétracte peu : dans ce cas, le Dr Binder propose d’emblée un lifting du cou plutôt qu’une liposuccion qui laisserait un excès de peau.
Le double menton peut-il revenir ?
Les cellules graisseuses retirées ne se reforment pas. Une prise de poids importante peut cependant faire gonfler les cellules restantes, et le vieillissement relâche la peau avec les années. Le résultat se maintient à condition de garder un poids stable ; un relâchement tardif relève d’un lifting, non d’une nouvelle liposuccion.
Les cicatrices sont-elles visibles ?
L’incision principale mesure 2 millimètres et se trouve dans le pli sous le menton, invisible de face et de profil. Les éventuelles incisions derrière les lobes d’oreille sont cachées. Toutes s’estompent en quelques mois et deviennent très discrètes, comme pour toute lipoaspiration.
Combien de temps faut-il porter la mentonnière ?
Jour et nuit les premiers jours, puis la nuit, pour une durée totale de 3 à 6 semaines. Elle limite le gonflement, soutient la peau et guide sa rétraction sur le nouveau galbe : son port régulier contribue à la qualité du résultat, surtout le premier mois.
Quand reprendre le travail et le sport ?
Le travail peut être repris en 2 à 5 jours, dès le lendemain en télétravail, en tenant compte des bleus visibles pendant deux à trois semaines. Le sport est repris après trois semaines, et le soleil évité sur le cou pendant la même durée.
Les injections peuvent-elles remplacer la liposuccion ?
Non. Les injections ne retirent pas la graisse et ne retendent pas la peau : elles ne traitent pas le double menton. L’acide hyaluronique ou le lipofilling peuvent améliorer le profil lorsque le menton est fuyant, et la toxine botulique atténuer des cordes du cou, mais en complément et sur une indication précise.
Liposuccion ou lifting du cou : comment savoir ?
Par l’examen. Si la graisse domine et que la peau est tonique, la liposuccion suffit. Si la peau est en excès, si des cordes verticales apparaissent à la contraction ou si l’ovale est empâté, le lifting cervico-facial est nécessaire, la liposuccion en faisant partie. Lire aussi : Un cou et un décolleté rajeunis.
Documents d’information
- Lipoaspiration (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Lifting cervico-facial (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Chirurgie plastique en ambulatoire (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Tabac et chirurgie plastique (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Consignes préopératoires générales
Voir aussi : Liposuccion, Lifting cervico-facial, Chirurgie du visage.

