L’hyperhidrose est une transpiration excessive, sans rapport avec la chaleur ou l’effort, qui dépasse ce dont le corps a besoin pour se refroidir. Aux aisselles, souvent présente depuis l’adolescence, elle peut peser lourdement sur la vie sociale et professionnelle : vêtements mouillés et tachés, tenue à changer dans la journée, gêne dans les contacts. Lorsque les antitranspirants ne suffisent plus, les injections de toxine botulique dans la peau réduisent fortement la transpiration de la zone traitée, pendant six à huit mois. Il s’agit d’un traitement médical, fait en consultation, sans anesthésie générale ni éviction sociale. Le Dr Binder, chirurgien plasticien, pratique ces injections à la Clinique Les Martinets, à Rueil-Malmaison, à quelques minutes de Suresnes, du Vésinet et de Croissy ; les formes étendues à d’autres zones relèvent d’un dermatologue.
En bref
- Zone aisselles
- Séance 20 à 30 minutes en consultation
- Anesthésie aucune ou crème anesthésiante
- Éviction sociale aucune, reprise des activités le jour même
- Effet en quelques jours, complet vers 15 jours
- Durée six à huit mois
- Renouvellement jamais avant trois mois
- Prise en charge par l’Assurance maladie dans l’hyperhidrose sévère des aisselles
À qui s’adresse le traitement par toxine botulique ?
Aux adultes atteints d’une hyperhidrose des aisselles qui gêne leur vie quotidienne malgré l’usage correct d’un antitranspirant puissant. La demande vient aussi bien des femmes que des hommes, souvent après des années de gêne, parfois à l’occasion d’un changement de poste, d’un examen ou d’un mariage.
Le traitement ne s’adresse pas à une transpiration abondante mais normale, liée à la chaleur, au sport ou au surpoids, ni à une transpiration généralisée qui doit d’abord faire rechercher une cause. Il n’est pas pratiqué avant 18 ans au cabinet ; chez l’adolescent, la consultation d’un dermatologue est le premier recours. Lorsque la transpiration s’étend à d’autres zones, ou que les injections ne suffisent pas, la prise en charge relève d’un dermatologue, qui dispose d’autres traitements.
Qu’est-ce que l’hyperhidrose ?
La sueur est produite par des glandes situées dans la peau, particulièrement nombreuses aux aisselles. Elles sont commandées par le système nerveux sympathique, qui les active en cas de chaleur, d’effort ou d’émotion. Dans l’hyperhidrose primaire, de loin la plus fréquente, ces glandes sont normales mais leur commande nerveuse est excessive : la transpiration survient sans raison, ou pour une émotion minime, et s’entretient par l’appréhension qu’elle suscite.
L’hyperhidrose axillaire mouille et tache les vêtements, impose de se changer dans la journée, de choisir des couleurs sombres ou de porter une veste. Elle est souvent associée à une gêne liée à l’odeur, même si la sueur elle-même est inodore au moment où elle est produite.
Le retentissement dépasse le confort : beaucoup de patients décrivent une gêne permanente, un évitement des contacts, des choix vestimentaires et parfois professionnels contraints. Cette dimension est prise en compte en consultation.
Le diagnostic
Le diagnostic est avant tout clinique. L’hyperhidrose primaire commence le plus souvent dans l’enfance ou l’adolescence, touche les deux côtés de façon symétrique, cesse pendant le sommeil, et se retrouve volontiers chez d’autres membres de la famille. La consultation précise les zones, l’ancienneté, les circonstances, les traitements déjà essayés et la gêne ressentie.
Une transpiration qui apparaît à l’âge adulte, qui touche tout le corps, qui survient la nuit, qui n’atteint qu’un côté, ou qui s’accompagne d’un amaigrissement, de fièvre ou de palpitations, fait évoquer une hyperhidrose secondaire : maladie de la thyroïde, diabète, infection, certains médicaments, ménopause, plus rarement maladie neurologique ou tumeur. Elle doit être explorée par le médecin traitant avant tout traitement local, car c’est la cause qu’il faut traiter.
Les alternatives
La toxine botulique n’est pas le premier traitement. Elle s’envisage après les mesures simples, et d’autres solutions existent :
- antitranspirants à base de sels d’aluminium, appliqués le soir sur une peau sèche : premier traitement de l’hyperhidrose des aisselles, efficace dans les formes modérées, parfois irritant ;
- médicaments par voie orale qui freinent la transpiration de tout le corps, au prix d’effets secondaires (bouche sèche, troubles de la vision, constipation) : réservés à certaines formes étendues, sur prescription médicale.
La consultation

Une première consultation est nécessaire avant toute injection. Le Dr Binder vérifie que l’hyperhidrose est primaire et focale, recherche les contre-indications, examine les aisselles et vous explique ce que la toxine peut apporter, ses limites, le nombre de séances à prévoir et les alternatives. Les produits utilisés disposent d’une autorisation de mise sur le marché en France ; l’hyperhidrose axillaire sévère fait partie des indications reconnues. Lire l’information légale sur les produits injectables.
Les contre-indications
Les injections de toxine botulique ne sont pas pratiquées dans les situations suivantes :
- grossesse, même débutante, et allaitement ;
- maladie neuromusculaire, comme la myasthénie ;
- allergie connue à la toxine botulique ou à l’albumine ;
- traitement par certains antibiotiques de la famille des aminosides ;
- infection de la peau sur la zone à traiter.
Un traitement anticoagulant, un trouble de la coagulation, un antécédent de paralysie faciale ou des injections de toxine reçues pour une autre raison doivent être signalés : le Dr Binder juge alors, au besoin avec votre médecin, de l’opportunité et des modalités du traitement.
Comment agit la toxine botulique ?
La toxine botulique bloque, à l’extrémité des nerfs, la libération du messager chimique qui transmet l’ordre nerveux, l’acétylcholine. Sur les muscles du visage, c’est ce qui atténue les rides d’expression. Les glandes sudorales répondent au même messager : injectée dans la peau, la toxine coupe donc leur commande, et la zone traitée transpire beaucoup moins.
Les glandes ne sont ni détruites ni bouchées. L’effet est purement local et temporaire : les terminaisons nerveuses se régénèrent en quelques mois, et la transpiration revient progressivement, ce qui impose de renouveler les séances. Les doses employées restent très inférieures aux doses toxiques et se limitent à la zone injectée.
La séance
Le creux axillaire est nettoyé et désinfecté ; la zone qui transpire est dessinée. Le produit est injecté juste sous la surface de la peau, avec une aiguille très fine, en une série de points répartis régulièrement sur toute la zone. Les injections sont peu douloureuses ; une crème anesthésiante peut être appliquée une heure avant. La séance dure une vingtaine de minutes pour les deux côtés.
Avant et après la séance
- Pas d’aspirine, d’anti-inflammatoire ni de vitamine E dans les quinze jours précédents, ni pendant les huit jours suivants ; le paracétamol est autorisé.
- Pas de déodorant ni d’antitranspirant le jour de la séance ; ne pas se raser les aisselles le jour même pour éviter les irritations.
- Pas de sport intensif, de sauna ni de hammam pendant 24 heures ; ne pas masser les zones injectées.
- Reprise du travail et des activités habituelles le jour même.
- Contrôle à quinze jours ou un mois si une petite zone continue de transpirer, pour une retouche.
Les effets indésirables
Les complications sont rares et aucune n’est définitive ; elles sont détaillées dans la fiche d’information de la Société française de chirurgie plastique :
- petits points rouges, gonflement ou bleus aux points d’injection, qui disparaissent en quelques jours ;
- douleur ou sensibilité des zones injectées pendant un à deux jours ;
- persistance d’une petite zone de transpiration, traitée par une injection complémentaire ;
- maux de tête, fatigue ou syndrome pseudo-grippal, transitoires ;
- exceptionnellement, réaction allergique, sécheresse de la bouche, ou troubles de la déglutition qui imposent une consultation immédiate.
Le résultat : délai et durée d’action
La transpiration diminue en quelques jours et l’effet est complet en deux semaines environ. La réduction est nette et dure six à huit mois en moyenne, parfois davantage. Le traitement atténue fortement la transpiration sans la supprimer complètement, ce qui n’est pas souhaitable.
Lorsque la transpiration revient, la séance peut être renouvelée, jamais avant trois mois, pour éviter que l’organisme ne fabrique des anticorps qui rendraient le produit moins efficace. Beaucoup de patients prévoient une séance avant l’été. L’arrêt des injections n’aggrave pas l’hyperhidrose : la transpiration revient simplement à son état antérieur.
Tarif et prise en charge
Le traitement par toxine botulique de l’hyperhidrose sévère des aisselles, indication reconnue par l’autorisation de mise sur le marché, est pris en charge par l’Assurance maladie. Une séance utilise deux flacons de toxine, un pour chaque aisselle. Voir la page Tarifs et l’article Chirurgie esthétique : quel remboursement possible ?
Questions fréquentes
La toxine botulique supprime-t-elle complètement la transpiration ?
Non, elle la réduit fortement dans la zone traitée, sans la supprimer, et uniquement là où elle a été injectée. C’est suffisant pour que les vêtements ne soient plus tachés et que la gêne disparaisse le plus souvent. Une petite zone qui continue à transpirer peut être retouchée lors d’un contrôle.
Les injections sont-elles douloureuses ?
Peu : l’aiguille est très fine et la crème anesthésiante, si besoin, rend la séance très supportable.
Combien de temps dure l’effet ?
Six à huit mois en moyenne, parfois davantage. La transpiration revient ensuite progressivement, sans aggravation. La séance peut alors être renouvelée, en respectant un intervalle d’au moins trois mois entre deux séances.
Est-ce dangereux de moins transpirer des aisselles ?
Non. Les aisselles ne représentent qu’une petite partie de la surface qui transpire : le reste du corps continue d’assurer le refroidissement. Le traitement n’a pas d’effet sur la régulation de la température et ne « bloque » pas d’élimination de toxines, contrairement à une idée répandue.
La transpiration va-t-elle se reporter ailleurs ?
Ce phénomène, appelé transpiration compensatrice, est surtout observé après une sympathectomie chirurgicale, qui supprime la transpiration de zones étendues. Après des injections limitées aux aisselles, il est rare. Signalez toutefois toute modification de la transpiration lors du contrôle.
Faut-il continuer le déodorant ?
Un déodorant reste utile contre les odeurs, qui dépendent des bactéries de la peau plus que de la quantité de sueur. Un antitranspirant n’est en général plus nécessaire pendant la durée d’action ; il peut être repris lorsque l’effet s’estompe, en attendant une nouvelle séance.
Le traitement est-il remboursé ?
Oui : le traitement par toxine botulique de l’hyperhidrose sévère des aisselles est pris en charge par l’Assurance maladie. Les autres traitements, antitranspirants ou médicaments, obéissent à des règles de prise en charge différentes que votre médecin ou le dermatologue vous précisera.
Y a-t-il un âge minimum ?
Les injections de toxine botulique ne sont pas pratiquées avant 18 ans au cabinet. L’hyperhidrose commence souvent à l’adolescence : à cet âge, le dermatologue propose d’abord les antitranspirants et décide si un autre traitement est justifié. Chez l’adulte, le traitement est possible à tout âge, après vérification des contre-indications.
Peut-on faire les injections avant un événement ?
Oui, à condition de prévoir la séance deux à trois semaines avant, le temps que l’effet soit complet et qu’une éventuelle retouche soit possible. C’est utile avant un mariage, un entretien, un examen ou l’été. Les bleus éventuels aux points d’injection sont discrets et disparaissent en quelques jours.
Documents d’information
Voir aussi : Injections de toxine botulique, Médecine esthétique, Contact et accès.

