Autour de tout implant mammaire, l’organisme forme une fine membrane, la capsule. Chez certaines femmes, cette capsule s’épaissit et se rétracte : c’est la coque, ou contracture capsulaire. Le sein devient plus ferme, puis peut se déformer, remonter et devenir douloureux. La coque est l’une des complications les plus fréquentes des implants, en chirurgie esthétique comme en reconstruction ; elle n’est pas dangereuse en elle-même, mais elle peut justifier une réintervention lorsqu’elle gêne. Cette page explique comment on la reconnaît, ce qui la favorise et comment on la traite. Le Dr Jean-Philippe Binder, chirurgien plasticien, prend en charge les coques à la Clinique Les Martinets, à Rueil-Malmaison, d’abord chez des patientes opérées en chirurgie esthétique, de Suresnes, Nanterre, Saint-Cloud ou Chatou, que leurs implants aient été posés par lui ou par un autre chirurgien ; pour les seins reconstruits par implant après cancer, il consulte à l’Institut Curie, à Paris, et à la Clinique Les Martinets.
En bref
- Définition épaississement et rétraction de la capsule qui entoure l’implant
- Classement stades I à IV de Baker, du sein souple au sein dur, déformé et douloureux
- Facteurs hématome, infection, rupture, radiothérapie ; souvent aucune cause retrouvée
- Examens examen clinique, échographie, IRM en cas de doute sur une rupture
- Traitement capsulectomie totale avec changement ou retrait de l’implant, parfois changement de loge
- Hospitalisation ambulatoire ou une nuit
- Prise en charge voir les pages Tarifs et Codes CCAM ; devis remis en consultation
Qu’est-ce qu’une coque ?
La capsule est une réaction normale : le corps isole l’implant, comme tout corps étranger, par une membrane fibreuse fine et souple. Elle ne se sent pas et ne se voit pas. On parle de coque lorsque cette membrane devient épaisse, rigide et se rétracte : elle comprime alors l’implant, qui prend une forme plus ronde et remonte. La coque peut apparaître dans les premiers mois ou des années après la pose, d’un seul côté ou des deux.
Les chirurgiens utilisent la classification de Baker, qui décrit quatre stades :
- Stade I : sein souple, d’aspect naturel ; la capsule est normale.
- Stade II : sein un peu plus ferme au toucher, sans déformation visible.
- Stade III : sein ferme, déformation visible, implant parfois remonté.
- Stade IV : sein dur, déformé, douloureux, parfois froid au toucher.
Seuls les stades III et IV, ou un stade II gênant, conduisent en général à discuter d’un traitement. Dans le bilan de matériovigilance publié par l’ANSM en 2026, la coque est l’effet indésirable le plus souvent déclaré avec les implants mammaires ; l’agence précise que le stade I est une réponse normale des tissus (ANSM, bilan 2021-2024). Sa fréquence varie selon les séries, le type d’implant, sa position et le contexte : dans les études de suivi à 10 ans de deux fabricants, une coque de stade III-IV est apparue chez 4 à 19 % des femmes opérées pour une augmentation et chez 14 à 25 % des femmes opérées pour une reconstruction (Spear, Plast Reconstr Surg, 2014 ; Hammond, Plast Reconstr Surg, 2017).
Ce qui favorise une coque
Dans la majorité des cas, aucune cause précise n’est retrouvée. Plusieurs situations augmentent toutefois le risque :
- un hématome ou une infection dans les suites de la pose ;
- la rupture de l’implant, le gel au contact de la capsule entretenant une inflammation ;
- la radiothérapie du sein ou du thorax, avant ou après la pose : c’est le principal facteur de coque en reconstruction ;
- la position de l’implant : en reconstruction, la pose devant le muscle pectoral (prépectorale) est associée à moins de coques que la pose derrière le muscle, d’après la série de l’Institut Curie publiée en 2025 avec le Dr Binder (Darrigues et al.) ;
- l’ancienneté de l’implant et les réinterventions répétées dans la même loge.
Le tabac augmente le risque de complications cicatricielles et infectieuses ; l’arrêt complet est demandé avant toute intervention sur un implant.
Les signes qui doivent faire consulter
Un sein qui durcit, change de forme, remonte ou devient douloureux doit faire consulter, surtout si la modification est récente ou d’un seul côté. Un gonflement important du sein, des années après la pose, n’évoque pas une coque mais un épanchement autour de l’implant : il doit être exploré rapidement par une échographie et, si besoin, une ponction (voir la page Lymphome et autres cancers de la capsule). La fiche officielle d’information du ministère de la Santé demande de consulter en cas d’augmentation de volume ou de déformation du sein, de douleur, de rougeur ou de lésion de la peau, quel que soit le moment.
La consultation et les examens
La consultation retrace l’histoire des implants : date de la pose, carte d’implant, type de surface et de remplissage, position devant ou derrière le muscle, complications éventuelles, radiothérapie. L’examen précise le stade de Baker, la forme du sein, la qualité de la peau et de la glande, une ptôse associée. Une échographie recherche une rupture, un épanchement ou un épaississement de la capsule ; une IRM est demandée en cas de doute sur une rupture. La mammographie de dépistage est faite selon l’âge, indépendamment du suivi de l’implant. Le Dr Binder expose ensuite les options, remet le devis et la fiche d’information de la SOFCPRE correspondante. La page Consulter pour un problème d’implant mammaire détaille les documents à apporter.
Les traitements
Il n’existe pas de traitement médicamenteux validé de la coque. Une coque de stade II peu gênante peut être simplement surveillée. Lorsqu’elle est gênante ou déformante, le traitement est chirurgical.
La capsulectomie
Le traitement habituel d’une coque installée consiste à retirer la capsule rétractée, en totalité ou en partie, en même temps que l’implant : c’est la capsulectomie. Elle supprime le tissu responsable de la rétraction et permet de recréer une loge souple. La capsulotomie, simple incision de la capsule, expose davantage à la récidive et n’est plus guère utilisée seule. Le Dr Binder pratique la capsulectomie totale et la capsulectomie en bloc ; leurs différences sont expliquées sur la page Retrait d’implants sans remplacement.
Le changement d’implant et de loge
Après capsulectomie, un nouvel implant est posé si la patiente le souhaite. En chirurgie esthétique, le Dr Binder utilise des implants ronds à surface lisse. Lorsque la coque récidive ou que les tissus sont fins, l’implant peut être placé dans une nouvelle loge, par exemple derrière le muscle s’il était devant. Le volume et le profil peuvent être modifiés à cette occasion.
Le retrait sans remplacement
Certaines patientes choisissent de ne pas remettre d’implant. Le sein retrouve alors son volume naturel, souvent diminué par les années ; une mastopexie ou un lipofilling peuvent compléter le geste.
En reconstruction
Sur un sein reconstruit et irradié, la coque a tendance à récidiver. Un lipofilling, qui assouplit la peau, ou le passage à une reconstruction par les propres tissus de la patiente, lambeau de grand dorsal ou lambeau DIEP, peuvent être proposés.
L’intervention, l’anesthésie et l’hospitalisation
L’intervention se déroule sous anesthésie générale, en reprenant le plus souvent l’ancienne cicatrice. Elle dure d’une à deux heures et demie selon les gestes associés. L’implant et la capsule sont examinés ; un fragment de capsule est envoyé en analyse. Un drain est souvent laissé un à deux jours après une capsulectomie. Un changement simple se fait en ambulatoire ; une capsulectomie étendue ou une mastopexie associée justifient parfois une nuit d’hospitalisation.
Les suites
- Douleurs modérées les premiers jours, plus marquées après une capsulectomie, calmées par les antalgiques prescrits.
- Gonflement et bleus pendant deux à trois semaines.
- Arrêt d’activité de quelques jours à deux semaines selon les gestes.
- Avec un nouvel implant : soutien-gorge de contention jour et nuit pendant 6 semaines, et 8 semaines avant de dormir sur le ventre, de se baigner (piscine, mer) et de reprendre le sport.
- Consultations de contrôle dans les semaines qui suivent, puis une fois par an.
Les risques et la récidive
- hématome ou épanchement, plus fréquents après capsulectomie, pouvant imposer une ponction ou une reprise ;
- infection, rare, pouvant conduire au retrait temporaire du nouvel implant ;
- pneumothorax, exceptionnel, lorsque la capsule adhère aux côtes ;
- déformation de la paroi thoracique laissée par une coque ancienne, difficile à corriger ;
- récidive de la coque, plus fréquente après radiothérapie ou après plusieurs réinterventions : dans les études de suivi à 10 ans des fabricants, une nouvelle coque de stade III-IV est apparue chez 15 à 29 % des femmes réopérées pour changer leurs implants (Spear, Plast Reconstr Surg, 2014 ; Hammond, Plast Reconstr Surg, 2017).
Cas particuliers
Implants anciens texturés. Une coque n’impose pas, à elle seule, de rechercher un lymphome ; en revanche, un gonflement tardif, un épanchement ou une masse doivent être explorés avant toute chirurgie. Coque et rupture. Une coque qui apparaît sur un implant ancien révèle parfois une rupture : l’IRM aide alors à préparer l’intervention (voir Rupture d’implant mammaire). Coque unilatérale après reconstruction. L’évolution de l’autre sein conduit souvent à associer une symétrisation.
Tarif et prise en charge
Le devis est remis en consultation ; voir la page Tarifs. Les actes d’ablation et de changement d’implant, avec ou sans capsulectomie, figurent à la nomenclature de l’Assurance maladie et sont soumis à accord préalable (voir Codes CCAM). D’après la CCAM (version 84), la coque ne figure pas parmi les indications de l’ablation prise en charge (rupture avec fuite de gel, infection, nécrose, lymphome) : après une augmentation esthétique, son traitement reste à la charge de la patiente. Les nouveaux implants posés après une augmentation esthétique restent à la charge de la patiente ; en reconstruction après cancer, la prise en charge relève de l’affection de longue durée. Le Dr Binder exerce en secteur 2.
Implants mammaires : toutes les informations
- Implants mammaires : le guide
- Augmentation mammaire par implants
- Reconstruction du sein par implant
- Consulter pour un problème d’implant
- Rupture d’implant
- Lymphome et cancers de la capsule
- Retrait et changement d’implants
- Retrait sans remplacement
- Symptômes attribués aux implants
- Surveillance des implants
- Durée de vie des implants
- Mammographie, échographie et IRM
- Lexique des implants mammaires
- L’approche du Dr Binder
- Soutien-gorge après la pose
- Sport après la pose
- Codes CCAM et remboursement
Questions fréquentes
Une coque est-elle dangereuse ?
Non. La coque est une réaction de la capsule, pas une maladie grave. Elle peut gêner, déformer le sein ou faire mal, et c’est cette gêne qui conduit à opérer. Un gonflement important et tardif du sein est une situation différente, qui doit être explorée rapidement.
Peut-on prévenir une coque ?
On peut réduire certains facteurs : arrêt du tabac, prévention de l’hématome et de l’infection, choix de la position de l’implant. Aucun médicament n’a fait la preuve qu’il empêchait la coque. Malgré toutes les précautions, elle peut survenir sans cause identifiable.
Faut-il opérer toutes les coques ?
Non. Une coque de stade II, peu gênante, peut être surveillée chaque année. L’intervention est proposée lorsque le sein est ferme et déformé, douloureux, ou lorsqu’une rupture est associée. La décision vous appartient, après information sur les bénéfices et les risques.
La coque peut-elle revenir après l’opération ?
Oui. Le risque de récidive existe, surtout après radiothérapie ou réinterventions multiples. La capsulectomie, le changement de loge et l’arrêt du tabac le réduisent. En reconstruction, lorsque les coques se répètent, le passage à un lambeau est discuté.
Faut-il retirer la capsule en entier ?
Le plus souvent, la capsule rétractée est retirée en totalité, sauf lorsqu’elle adhère fortement aux côtes, où une partie peut être laissée pour éviter un pneumothorax. La capsulectomie en bloc, sans ouvrir la capsule, est réservée à des indications précises.
Puis-je garder un implant avec une coque ?
Oui, si la gêne est tolérable et qu’il n’y a ni rupture ni épanchement. Une consultation chaque année et l’échographie de suivi permettent de vérifier l’état de l’implant. Toute modification nouvelle du sein doit faire consulter.
Le Dr Binder traite-t-il les coques d’implants posés par un autre chirurgien ?
Oui. Il reprend souvent des implants posés ailleurs. Apporter la carte d’implant, le compte rendu opératoire et les dernières imageries facilite la consultation, mais leur absence n’empêche pas la prise en charge.
Documents d’information
- Changement d’implants mammaires (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Ablation d’implants mammaires (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Reconstruction du sein par prothèse (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Tabac et chirurgie plastique (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Consignes préopératoires générales
Voir aussi : Implants mammaires, Retrait et changement d’implants mammaires, Rupture d’implant mammaire.
Références
- Darrigues L, Reyal F, Binder JP, Laas E, Gaillard T, Feron JG, Couturaud B. Indications de la mastectomie totale avec reconstruction mammaire immédiate en cancérologie : stratégies chirurgicales adaptées à la morphologie mammaire et aux traitements adjuvants. Ann Chir Plast Esthet 2025;70(6):539-550. doi:10.1016/j.anplas.2025.07.001
- Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Bilan de matériovigilance sur les prothèses mammaires : impact de l’utilisation obligatoire du registre, données 2021-2024. Février 2026. ansm.sante.fr

