Certaines femmes souhaitent faire retirer leurs implants mammaires sans en remettre : parce qu’un implant s’est rompu ou qu’une coque s’est formée, parce qu’elles ne veulent plus porter de corps étranger, parce que leur silhouette a changé ou par crainte d’une nouvelle intervention dans dix ou quinze ans. Ce retrait, ou explantation, est toujours possible. Le résultat dépend surtout de ce qui reste sous l’implant, la glande, la graisse et la qualité de la peau, et c’est pourquoi l’intervention associe parfois une capsulectomie, une mastopexie ou un lipofilling. Cette page décrit les différentes techniques, dont la capsulectomie totale et la capsulectomie en bloc, et ce que l’on peut attendre du résultat. Le Dr Jean-Philippe Binder, chirurgien plasticien, réalise ces interventions à la Clinique Les Martinets, à Rueil-Malmaison, chez des patientes opérées en chirurgie esthétique, de Rueil, Chatou, Le Vésinet ou Suresnes, qu’il ait ou non posé les implants ; pour les seins reconstruits par implant après cancer, il opère à l’Institut Curie, à Paris, et à la Clinique Les Martinets.

En bref

  • Gestes retrait simple, capsulectomie totale ou en bloc, mastopexie, lipofilling, dans le même temps ou en deux temps
  • Anesthésie générale ; anesthésie locale possible pour un retrait simple
  • Durée une heure à deux heures et demie selon les gestes
  • Hospitalisation ambulatoire, ou une nuit après capsulectomie étendue ou mastopexie
  • Arrêt d’activité cinq à quinze jours
  • Sport après huit semaines
  • Résultat apprécié à trois à six mois
  • Prise en charge voir les pages Tarifs et Codes CCAM ; devis remis en consultation

À qui s’adresse le retrait sans remplacement ?

À toute femme porteuse d’implants qui ne souhaite pas les remplacer, qu’ils aient été posés pour une augmentation esthétique ou pour une reconstruction. Les motifs sont variés : rupture ou coque, implants anciens, volume devenu gênant, souhait de ne plus avoir de corps étranger, âge, crainte des réinterventions, symptômes que la patiente attribue à ses implants. La fiche officielle d’information du ministère de la Santé le rappelle : en cas de retrait, vous pouvez décider de ne pas remplacer vos implants. Aucune règle n’impose de changer des implants à date fixe ; la décision de les retirer, de les changer ou de les garder vous appartient, après information.

Les alternatives

Garder ses implants, avec un suivi annuel, reste possible lorsqu’ils ne posent pas de problème. Un changement pour un implant plus petit, associé ou non à une mastopexie, permet de réduire le volume en conservant du galbe. Les deux options sont présentées en consultation avec leurs avantages et leurs limites (voir Retrait et changement d’implants mammaires).

La consultation et le devis

La consultation retrace l’histoire des implants : date et motif de la pose, carte d’implant, position devant ou derrière le muscle, complications, grossesses, variations de poids. L’examen évalue l’épaisseur de la glande et de la graisse, l’élasticité de la peau, la hauteur de l’aréole et une éventuelle ptôse : ce sont ces éléments qui permettent d’annoncer à quoi ressemblera le sein sans implant. Une échographie, une IRM en cas de doute sur une rupture et une mammographie selon l’âge complètent le bilan. Le Dr Binder propose ensuite une stratégie, en un ou deux temps, remet le devis, la fiche d’information de la SOFCPRE et, le cas échéant, la demande d’accord préalable. L’arrêt complet du tabac est demandé au moins un mois avant et un mois après l’intervention. Pour préparer la consultation, voir Consulter pour un problème d’implant mammaire.

Les techniques

Le retrait simple

L’implant est retiré par l’ancienne cicatrice, le plus souvent dans le sillon sous le sein. Lorsque la capsule est fine et souple, elle est laissée en place ; un fragment est prélevé pour analyse. Le corps la résorbe en partie et la loge se referme.

La capsulectomie totale

La capsule est retirée en totalité lorsqu’elle est épaisse, rétractée, calcifiée, imprégnée de silicone après une rupture, ou lorsqu’elle risque d’entretenir un épanchement. Le geste est plus long, plus hémorragique et nécessite souvent un drain. Lorsque la capsule est très fine et collée aux côtes, sa partie profonde peut être laissée pour ne pas exposer au pneumothorax.

La capsulectomie en bloc

L’implant et toute sa capsule sont retirés d’un seul tenant, sans ouvrir la capsule. C’est la technique indiquée en cas de lymphome suspecté ou confirmé (voir Lymphome et autres cancers de la capsule). Elle impose parfois une incision plus longue et n’est pas toujours réalisable lorsque la capsule est fine ou adhérente à la paroi. En dehors d’une suspicion de lymphome, le bénéfice d’un retrait en bloc par rapport à une capsulectomie totale n’est pas démontré : les publications ne la recommandent qu’en cas de lymphome, et une étude prospective n’a pas trouvé de différence sur l’évolution des symptômes attribués aux implants selon le type de capsulectomie (Keane, Aesthet Surg J, 2021 ; Glicksman, Aesthet Surg J, 2022). Le Dr Binder pratique la capsulectomie totale et la capsulectomie en bloc ; le choix entre les deux est expliqué en consultation, avec leurs risques.

La mastopexie associée

Lorsque la peau s’est distendue et que l’aréole est basse, le retrait de l’implant laisse un sein vide et tombant. Une mastopexie remonte l’aréole, retire l’excès de peau et remodèle la glande. Elle ajoute des cicatrices autour de l’aréole, verticale, parfois dans le sillon. Elle peut être faite dans le même temps, ou trois à six mois plus tard, lorsque le sein a repris sa forme et que la peau s’est rétractée.

Le lipofilling

Si la glande est fine et que la réserve de graisse le permet, la propre graisse de la patiente, prélevée par lipoaspiration, peut être réinjectée dans le sein pour redonner un peu de volume, en une ou deux séances. La fiche de la SOFCPRE précise que la graisse ne doit pas être injectée dans la cavité laissée par l’implant, au risque de kystes graisseux ; elle est répartie dans la glande et sous la peau. Voir Augmentation mammaire par lipofilling.

L’intervention

Sous anesthésie générale, ou locale pour un retrait simple, l’implant est retiré et examiné. En cas de rupture, la loge est lavée pour évacuer le gel et la rupture est déclarée en matériovigilance. La capsule est conservée ou retirée selon son état et le projet ; elle est envoyée en analyse. Un drain peut être laissé un à deux jours. Les gestes associés, mastopexie ou lipofilling, sont réalisés dans le même temps si cela a été prévu. L’intervention dure d’une heure à deux heures et demie. Si vous souhaitez récupérer vos implants, il faut le demander avant l’intervention.

L’anesthésie et l’hospitalisation

Un retrait simple se fait en ambulatoire : entrée le matin, sortie le soir. Une capsulectomie étendue ou une mastopexie associée justifient parfois une nuit d’hospitalisation. Une consultation d’anesthésie est obligatoire avant l’intervention.

Les suites et la convalescence

  • Douleurs modérées, plus marquées après une capsulectomie, calmées par les antalgiques prescrits.
  • Gonflement, bleus et gêne pour lever les bras pendant les premières semaines.
  • Soutien-gorge porté jour et nuit pendant quelques semaines ; gaine sur les zones de prélèvement en cas de lipofilling.
  • Arrêt d’activité de cinq à quinze jours ; reprise du sport, de la baignade et du sommeil sur le ventre après huit semaines.
  • Le sein se rétracte et reprend sa forme en deux à trois mois.
  • Consultations de contrôle dans les semaines et les mois qui suivent.

Les risques et complications

  • hématome ou épanchement séreux, plus fréquents après capsulectomie, pouvant imposer une ponction ou une reprise ;
  • infection, rare ;
  • pneumothorax, rare, lors d’une capsulectomie profonde ;
  • troubles de la sensibilité de l’aréole, le plus souvent transitoires ;
  • cicatrices élargies ou épaissies, nécrose cutanée favorisée par le tabac ;
  • asymétrie de volume, sein vide, tombant ou « collé » au thorax, déformation de la paroi laissée par une coque ancienne ;
  • épanchement tardif, qui doit être ponctionné et analysé.

Le résultat

Il s’apprécie à trois à six mois. Le sein retrouve son volume naturel, souvent plus petit qu’avant la première pose, car la glande s’amincit avec le temps et sous la pression de l’implant. La peau, plus détendue qu’au départ, se rétracte en partie ; le sein garde parfois une « mémoire » de l’implant. Une mastopexie ou un lipofilling réalisés plus tard corrigent la plupart des imperfections. Il est important d’en parler avant : l’objectif est un sein d’aspect naturel, pas le retour au sein d’avant les implants.

Cas particuliers

Sein reconstruit. Après mastectomie, retirer l’implant laisse un thorax plat. Certaines femmes choisissent ce buste plat, d’autres une reconstruction par lipofilling ou par lambeau ; la Haute Autorité de santé propose des outils pour préparer ce choix. Symptômes généraux attribués aux implants. Le retrait est possible ; ce que l’on sait de ses effets est détaillé sur la page Symptômes attribués aux implants mammaires. Implants texturés sans symptôme. Leur retrait préventif n’est pas recommandé par l’ANSM, mais il peut être demandé. Grossesse. La fiche de la SOFCPRE conseille d’attendre au moins six mois après le retrait.

Tarif et prise en charge

Le devis est remis en consultation, avec un délai de réflexion ; voir la page Tarifs. L’ablation d’implant, avec ou sans capsulectomie, figure à la nomenclature de l’Assurance maladie avec accord préalable (voir Codes CCAM). D’après la CCAM (version 84), le retrait est pris en charge, après accord préalable, en cas de rupture avec fuite de gel, d’infection, de nécrose ou de lymphome ; un retrait sans complication, ou pour une coque, après une augmentation esthétique ne l’est pas. La mastopexie et le lipofilling associés à visée esthétique restent à la charge de la patiente. En reconstruction après cancer, la prise en charge relève de l’affection de longue durée. Le Dr Binder exerce en secteur 2.

Questions fréquentes

Mes seins seront-ils comme avant les implants ?

Rarement tout à fait. La glande s’amincit avec les années et la peau a été distendue par l’implant. Le sein est souvent plus petit et plus tombant qu’avant la pose. La mastopexie ou le lipofilling, dans le même temps ou plus tard, améliorent la forme.

Faut-il toujours retirer la capsule ?

Non. Une capsule fine et souple peut être laissée en place. Elle est retirée lorsqu’elle est épaisse, calcifiée, rétractée, imprégnée de silicone, ou en cas de suspicion de lymphome, où elle est retirée en bloc avec l’implant.

Quelle différence entre capsulectomie totale et en bloc ?

Dans les deux cas, toute la capsule est retirée. En bloc, l’implant et la capsule sortent d’un seul tenant, sans ouvrir la capsule ; c’est la technique indiquée en cas de lymphome. La capsulectomie totale peut se faire en ouvrant la capsule, ce qui facilite parfois le geste.

Faut-il faire la mastopexie dans le même temps ?

Pas forcément. Si la ptôse est nette, la mastopexie peut être faite dans le même temps. Si elle est modérée, attendre trois à six mois permet de voir comment la peau se rétracte, et parfois d’éviter des cicatrices.

Puis-je faire retirer des implants qui ne posent aucun problème ?

Oui. C’est votre choix. La consultation permet de vous informer sur le résultat attendu et les risques de l’intervention, qui restent ceux de toute chirurgie, et de prévoir les gestes associés.

Le Dr Binder retire-t-il des implants posés par un autre chirurgien ?

Oui, il reprend souvent des implants posés ailleurs. Apportez la carte d’implant, le compte rendu opératoire et les dernières imageries ; leur absence n’empêche pas la consultation.

Le retrait fait-il disparaître le risque de lymphome ?

Le LAGC-AIM se développe dans la capsule autour de l’implant. Le retrait de l’implant avec toute la capsule retire le tissu où cette maladie se développe. Le risque qui persiste lorsque la capsule est laissée en place n’a pas été chiffré ; chez les femmes atteintes, un retrait incomplet de la capsule est associé à davantage de récidives (Clemens, J Clin Oncol, 2016), et un lymphome a été diagnostiqué six ans après un retrait d’implants sans capsulectomie complète (Barnea, Ann Plast Surg, 2022). Chez une femme sans symptôme, le retrait préventif n’est pas recommandé.

Documents d’information

Voir aussi : Retrait et changement d’implants mammaires, Mastopexie, Implants mammaires.