Un implant mammaire n’est pas posé à vie : son enveloppe s’use avec le temps et peut se rompre. Avec les implants actuels en gel de silicone cohésif, la rupture passe le plus souvent inaperçue, car le gel reste contenu dans la capsule qui entoure l’implant ; elle est découverte lors d’une échographie de suivi ou d’une IRM. Une rupture n’est pas une urgence, mais elle justifie de programmer un retrait ou un changement de l’implant. Cette page explique les différents types de rupture, leurs signes, les examens qui permettent de les reconnaître et la conduite à tenir. Le Dr Jean-Philippe Binder, chirurgien plasticien, reçoit les patientes porteuses d’un implant rompu à la Clinique Les Martinets, à Rueil-Malmaison, le plus souvent après une augmentation esthétique, de Saint-Cloud et Garches au Vésinet, que les implants aient été posés par lui ou par un autre chirurgien ; pour les seins reconstruits par implant, il consulte à l’Institut Curie, à Paris, et à la Clinique Les Martinets.
En bref
- Fréquence premier défaut déclaré à l’ANSM pour les implants mammaires
- Signes le plus souvent aucun ; parfois changement de forme, durcissement, douleur
- Diagnostic échographie ; IRM en cas de doute
- Urgence non, sauf infection ou gonflement important ; intervention programmée
- Traitement retrait de l’implant, lavage de la loge, capsulectomie selon l’état de la capsule
- Options nouvel implant, retrait sans remplacement, mastopexie ou lipofilling associés
- Hospitalisation ambulatoire ou une nuit
- Prise en charge voir les pages Tarifs et Codes CCAM ; devis remis en consultation
Qu’est-ce qu’une rupture d’implant ?
L’implant est constitué d’une enveloppe en élastomère de silicone, remplie de gel de silicone ou, plus rarement, de sérum physiologique. La rupture correspond à une perte d’étanchéité de cette enveloppe. On distingue :
- la rupture intracapsulaire, la plus fréquente : l’enveloppe est fissurée, mais le gel reste contenu dans la capsule fibreuse qui entoure l’implant. Le sein ne change généralement pas d’aspect ;
- la rupture extracapsulaire : le gel traverse la capsule et migre dans la glande ou les muscles, où il peut former de petits nodules (siliconomes), ou rejoindre les ganglions de l’aisselle ;
- le dégonflement d’un implant au sérum physiologique : le sérum, résorbé par l’organisme sans danger, s’écoule et le sein perd visiblement son volume en quelques jours.
La cohésivité du gel limite sa diffusion en cas de rupture, mais ne garantit ni l’absence de rupture ni l’absence de migration du silicone.
Pourquoi un implant se rompt-il ?
La cause principale est l’usure progressive de l’enveloppe, par frottement et pliure au fil des années. D’après la FDA, le risque de rupture augmente avec la durée de port de l’implant (FDA, risques et complications des implants mammaires). Un choc violent sur le thorax, une ponction ou un geste chirurgical à proximité sont des causes plus rares. Dans le bilan de matériovigilance publié par l’ANSM en 2026, la rupture reste le premier défaut déclaré ; dans les déclarations où le délai est connu, il était en moyenne de 11,6 ans après la pose, mais 14 % des ruptures déclarées concernaient des implants posés depuis moins de 5 ans, d’où l’importance d’un suivi annuel (ANSM, bilan 2021-2024). La durée de vie moyenne des implants est d’environ 10 à 15 ans ; ce n’est pas une date de péremption.
Les signes
La plupart des ruptures sont silencieuses. Lorsqu’ils existent, les signes sont :
- un changement de forme ou de volume du sein, une asymétrie nouvelle ;
- un durcissement, parfois une coque qui apparaît sur un implant ancien ;
- une douleur, une sensation de brûlure ou de tension ;
- de petites boules sous la peau du sein ou dans l’aisselle (siliconomes, ganglions).
La fiche officielle d’information du ministère de la Santé demande de consulter en cas d’augmentation de volume ou de déformation du sein, de douleur, de rougeur, de lésion de la peau ou après un choc sur le sein.
Le diagnostic : échographie et IRM
L’examen clinique ne suffit pas à reconnaître une rupture silencieuse. Le suivi proposé par le Dr Binder associe une consultation chaque année et une échographie à 4, 7 et 10 ans après la pose, puis chaque année. L’échographie, réalisée par un radiologue habitué aux implants, recherche des plis anormaux de l’enveloppe, un épanchement ou du gel en dehors de la capsule. En cas de doute, l’IRM est l’examen le plus fiable pour confirmer une rupture silencieuse, comme le rappelle la FDA. La mammographie de dépistage est faite selon l’âge, indépendamment du suivi de l’implant ; il faut toujours signaler la présence d’implants au radiologue. La page Imagerie du sein avec des implants détaille ces examens.
Que faire en cas de rupture ?
Une rupture confirmée justifie le retrait ou le changement de l’implant. Lorsqu’elle est intracapsulaire et sans symptôme, l’intervention est programmée sans urgence, dans les semaines qui suivent, de préférence avant que le gel ne diffuse hors de la capsule ou que celle-ci ne se calcifie, ce qui compliquerait le geste. Une rupture extracapsulaire, une douleur ou une inflammation conduisent à opérer plus rapidement. Plusieurs options sont discutées en consultation :
- le changement d’implant, dans la même loge ou dans une nouvelle loge ; en chirurgie esthétique, le Dr Binder pose des implants ronds à surface lisse ;
- le retrait sans remplacement, éventuellement complété par une mastopexie ou un lipofilling (voir Retrait d’implants sans remplacement) ;
- en reconstruction, le passage à une reconstruction par les propres tissus de la patiente lorsque la peau est fine ou irradiée.
L’implant du côté opposé, s’il est du même âge, est souvent changé dans le même temps ; ce n’est pas une obligation et la décision vous appartient.
L’intervention
Sous anesthésie générale, l’implant est retiré par l’ancienne cicatrice. La loge est lavée pour évacuer le gel. La capsule est conservée si elle est fine et souple, retirée en partie ou en totalité (capsulectomie) si elle est épaisse, calcifiée ou imprégnée de silicone ; les siliconomes accessibles sont retirés. Un fragment de capsule est envoyé en analyse. L’implant rompu est examiné et la rupture fait l’objet d’une déclaration de matériovigilance ; l’établissement enregistre aussi l’intervention dans le registre national des implants mammaires, obligatoire depuis l’arrêté du 8 mars 2024. L’intervention dure d’une à deux heures et demie selon les gestes ; elle se fait en ambulatoire ou avec une nuit d’hospitalisation.
Les suites
- Douleurs modérées, plus marquées après capsulectomie ; drain parfois un à deux jours.
- Gonflement et bleus pendant deux à trois semaines.
- Arrêt d’activité de quelques jours à deux semaines.
- Avec un nouvel implant : soutien-gorge de contention jour et nuit pendant 6 semaines, et 8 semaines avant de dormir sur le ventre, de se baigner et de reprendre le sport.
- Reprise du suivi annuel ; le calendrier des échographies repart de la date du nouvel implant.
Les risques et complications
- hématome, épanchement, infection, comme pour toute réintervention sur un implant ;
- silicone résiduel dans les tissus ou les ganglions, qui ne peut pas toujours être retiré en totalité ;
- pneumothorax, exceptionnel, lors d’une capsulectomie profonde ;
- avec un nouvel implant : coque, déplacement, rupture ultérieure ;
- après retrait sans remplacement : sein plus petit, aspect vide ou tombant.
Cas particuliers
Implants PIP. Ces implants ne sont plus commercialisés depuis le 29 mars 2010 et font l’objet d’une surveillance spécifique de l’ANSM ; ils doivent être contrôlés et leur retrait discuté (voir Implants PIP). Ganglions siliconés. Du silicone peut être retrouvé dans un ganglion de l’aisselle ; il est le plus souvent laissé en place et surveillé, sauf gêne. Rupture découverte sur une IRM faite pour une autre raison. La conduite est la même : consultation, puis intervention programmée. Sein reconstruit. La peau fine et parfois irradiée rend la réintervention plus délicate ; un lipofilling ou un lambeau peut être associé.
Tarif et prise en charge
Le devis est remis en consultation ; voir la page Tarifs. L’ablation et le changement d’implant figurent à la nomenclature de l’Assurance maladie, avec accord préalable (voir Codes CCAM). D’après la CCAM (version 84), la rupture avec fuite de gel de silicone fait partie des indications : le retrait est pris en charge après accord préalable, y compris après une augmentation esthétique ; le nouvel implant posé en esthétique reste à la charge de la patiente. En reconstruction après cancer, la prise en charge relève de l’affection de longue durée. Certains fabricants proposent une garantie en cas de rupture : la carte d’implant permet d’identifier le fabricant et de le contacter. La durée et le contenu de ces garanties (fourniture d’un nouvel implant, participation éventuelle aux frais) varient selon la marque, le modèle et la date de pose. Le Dr Binder exerce en secteur 2.
Implants mammaires : toutes les informations
- Implants mammaires : le guide
- Augmentation mammaire par implants
- Reconstruction du sein par implant
- Consulter pour un problème d’implant
- Coque autour d’un implant
- Lymphome et cancers de la capsule
- Retrait et changement d’implants
- Retrait sans remplacement
- Symptômes attribués aux implants
- Surveillance des implants
- Durée de vie des implants
- Mammographie, échographie et IRM
- Lexique des implants mammaires
- L’approche du Dr Binder
- Soutien-gorge après la pose
- Sport après la pose
- Codes CCAM et remboursement
Questions fréquentes
Une rupture d’implant est-elle dangereuse ?
Une rupture intracapsulaire n’est pas une urgence : le gel reste contenu dans la capsule. Elle justifie toutefois une intervention programmée, avant que le gel ne diffuse ou que la capsule ne se calcifie. La fiche de la SOFCPRE rappelle qu’aucune étude n’a montré d’effet du silicone diffusé sur la santé générale.
Comment savoir si mon implant est rompu ?
Le plus souvent, rien ne se voit ni ne se sent. C’est l’échographie de suivi, ou une IRM en cas de doute, qui fait le diagnostic. Un changement de forme, un durcissement ou une douleur doivent faire consulter sans attendre l’examen prévu.
Faut-il changer les deux implants ?
Ce n’est pas obligatoire. Lorsque les deux implants ont le même âge, le changement des deux est souvent proposé pour éviter une seconde intervention et garder la symétrie. La décision est prise avec vous, après examen et imagerie.
Dans quel délai faut-il opérer ?
Pour une rupture intracapsulaire sans symptôme, dans les semaines qui suivent le diagnostic. Une rupture avec douleur, inflammation ou gel en dehors de la capsule conduit à opérer plus rapidement.
Un choc ou une mammographie peuvent-ils rompre un implant ?
Un choc violent sur le thorax peut rompre un implant, surtout s’il est ancien ; il faut consulter après un traumatisme du sein. La mammographie est adaptée par le radiologue lorsque vous signalez vos implants. Une rupture pendant une mammographie est possible : des cas ont été déclarés à la FDA, sans que leur fréquence puisse être chiffrée (Brown, J Womens Health, 2004).
Puis-je ne pas remettre d’implant ?
Oui. Le retrait sans remplacement est une option, parfois associée à une mastopexie ou à un lipofilling. Le sein retrouve son volume naturel, souvent réduit par les années.
Qui déclare la rupture aux autorités ?
Le chirurgien et l’établissement déclarent la rupture en matériovigilance et l’enregistrent au registre national. Vous pouvez aussi signaler vous-même un incident sur le portail de signalement des événements sanitaires, même longtemps après.
Documents d’information
- Changement d’implants mammaires (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Ablation d’implants mammaires (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Augmentation mammaire par implants (fiche d’information de la SOFCPRE)
- Consignes préopératoires générales
Voir aussi : Implants mammaires, Imagerie du sein avec des implants, Coque d’implant mammaire.
Références
- Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Bilan de matériovigilance sur les prothèses mammaires : impact de l’utilisation obligatoire du registre, données 2021-2024. Février 2026. ansm.sante.fr
- Arrêté du 8 mars 2024 fixant le contenu du registre de suivi relatif aux implants mammaires en application de l’article L. 5212-2-1 du code de la santé publique. JO du 13 mars 2024. legifrance.gouv.fr
- U.S. Food and Drug Administration. Risks and Complications of Breast Implants. Mis à jour le 14 décembre 2023. fda.gov

